Césariennes : antibioprophylaxie
systématique +++
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| Principe
Il est maintenant clairement démontré
que lorsqu'une intervention comprend un risque infectieux important,
mais qu'il n'existe pas d'infection évidente au moment de sa
réalisation, une antibioprophylaxie est préférable
à une antibiothérapie pour les raisons suivantes :
• Efficacité au moins
aussi bonne sur la prévention d'une infection,
• non sélection
de germes résistants à l'antibiotique utilisé,
• prix de revient
moins élevé,
• simplification des soins
post-opératoires.
L'antibioprophylaxie
: L'antibioprophylaxie est l'administration d'un ou plusieurs antibiotiques
avant la constitution d'une infection dans le but d'éviter celle-ci.
Elle précède ou accompagne un geste chirurgical septique.
La dose de la 1ère injection est le double de la posologie habituelle.
Sa durée est courte (une seule injection dans la grande majorité
des cas) et ne doit jamais dépasser 48 heures. En cas d’intervention
longue ou en per-partum, les réinjections ont lieu toutes les
1/2 vies de l’antibiotique.
L'antibiothérapie : L'antibiothérapie est l'administration d'un ou
plusieurs antibiotiques dans un but curatif, lors d'une infection déclarée.
Sa durée doit être supérieure ou égale à
5 jours. Si une antibioprophylaxie a précédé l'antibiothérapie,
l'antibiotique choisi doit être différent de celui utilisé
pour l'antibioprophylaxie.
Césariennes
relevant d'une antibioprophylaxie
L'étude de la littérature
et de 426 césariennes du Service ont permis de définir
les cas où une antibioprophylaxie doit être utilisée.
• Les patientes présentant
une pathologie générale les rendant plus sensibles à
une infection :
- les sujets immuno-déprimés
: infection au VIH, corticothérapie, greffés sous
traitement immuno-suppresseur
- les patientes diabétiques.
• Les patientes césarisées
en urgence, où les règles d'asepsie n'ont pu
être rigoureuses : paroi mal préparée, champs
opératoires placés à la hâte, ...
• Césariennes en travail
depuis plus de 6 heures,
• Les patientes césarisées
après rupture de la poche des eaux > à 6 h.
• Les patientes anémiques
(Hb < 9 g/100 ml) ou les césariennes hémorragiques.
• Les patientes ayant, dans
leurs antécédents, plus de deux fausses couches ou avortements.
Une place à part est à
faire aux patientes présentant une cardiopathie à risque
de greffe bactérienne (maladie mitrale, valve cardiaque, etc...).
Il faut appliquer ici les recommandations du collège de cardiologie
(voir annexes).
EN PRATIQUE, la césarienne comportant
dans tous les cas un risque infectieux, évalué entre 20
et 40 % selon les équipes, une antibioprophylaxie sera appliquée
DANS TOUS LES CAS +++.
Modalités
thérapeutiques
•
Dose unique après clampage du cordon :
• Une céphalosporine active sur les staphylocoques (céfazoline,
céfamandole, céfuroxime) peut être préconisée.
Les recommandations de la SFAR (1999) et celle de la SPILF (2001) proposent
:
- Céfazoline
(CEFACIDAL®) : 2 g
- En
cas d’allergie : Clindamycine (DALACINE®) : 600 mg
•
L’amoxicilline + acide clavulanique (AUGMENTIN® 2g) peut être
proposé comme alternative à la céfazoline. Par
contre en cas d’hyperthermie et d’anesthésie locorégionale,
le choix se porte impérativement sur une céphalosporine
3ème génération car elles seules passent la barrière
hématoméningée (CLAROFAN® ou ROCEPHINE®).
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Interventions obstétricales
(DA-RU, extraction instrumentale)
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•
L’intérêt d’une antibioprophylaxie en cas de
DA-RU, de RU ou de manœuvres obstétricales difficiles est
assez largement pratiquée mais son bénéfice n’est
pas validé.
•
Nous la réservons aux cas de cumul de facteurs de risques infectieux
:
- manœuvres
itératives en cas d’hémorragie de la délivrance
- réduction d’une inversion utérine
-
lésions importantes des parties molles
•
Elle fait appel aux mêmes antibiotiques que pour la prophylaxie
au cours des césariennes.
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Cas
particulier des patientes porteuses d'une cardiopathie à risque de
greffe oslérienne
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Recommandations
de la Société française d’anesthésie
et de réanimation (1999) et de la Société de pathologie
infectieuse de langue française (2001) :
Notion
de risque
•
Groupe A, à haut risque :
- Prothèses
valvulaires (mécaniques, homogreffes ou bioprothèses)
- Cardiopathies cyanogènes non opérées et dérivations
chirurgicales (pulmonaire-systémique)
- ATCD d’endocardite infectieuse
•
Groupe B, à risque moins élevé : Valvulopathies
IA, IM et Rao
- Prolapsus
mitral avec IM et/ou épaississement valvulaire
- Bicuspidie aortique
- Cardiopathies non cyanogènes sauf CIA
- Cardiomyopathie hypertrophique obstructive (avec souffle à
l’auscultation)
- Régurgitations valvulaires minimes détectées
uniquement en doppler
Antibioprophylaxie spécifique
•
Avant le geste :
- CLAMOXYL®,
2 g dans 125 ml de Glucosé iso en IV passé en 30 mn
- Puis GENTAMICINE®, 80 mg (1,5 mg/Kg) dans 125 ml de Glucosé
iso en IV passé en 30 mn
•
Puis CLAMOXYL® 1 g per os 6 h après +++
•
Si allergie aux pénicillines, le CLAMOXYL® est remplacé
par la VANCOMYCINE®, 1g dans 125 ml de Glucosé iso en IV
passés en 1 heure ou la TEICOPLANINE® 400 mg IV direct. Dans
les deux cas, pas de 2ème dose.
Les indications en fonction du geste et du risque
•
Accouchement voie basse : L’antibioprophylaxie est systématique
pour le groupe A et optionnelle pour le groupe B sauf en cas de rupture
prématurée des membranes et/ou de travail débuté
plus de 6h avant l’admission.
•
Césarienne : suivre les mêmes recommandations que la population
générale (cf paragraphe 1. Césarienne : dose unique
après clampage du cordon) sauf en cas d’intubation orotrachéale
difficile et/ou traumatique pour le groupe A où l’antibioprophylaxie
orientée sur la prévention du risque d’endocardite
oslérienne est recommandée.
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Prophylaxie
per-partum en cas de portage du streptocoque B
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(cf protocole
: Infections materno-foetales)
L’antibiothérapie
n’a pas lieu d’être poursuivie dans les suites de couche.
En effet, si le streptocoque B est responsable d’1/4 des endométrites
du post-partum, il est reconnu (NP2) que l’antibioprophylaxie per-partum
réduit significativement l’incidence de l’endométrite.
L’antibiotique ne sera donc poursuivi à titre curatif que
dans le cas de
•suspicion de chorioamniotite débutante ou avérée
• infection néonatale documentée. |
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Chirurgie gynécologique
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| Intervention
relevant d'une antibioprophylaxie
• Hystérectomies vaginales
• Hystérectomies élargies
• Pour les hystérectomies
abdominales, antibioprophylaxie ciblée sur les populations à
risque :
- terrain fragile : diabète,
obésité, immuno-dépression, antécédent
infectieux pelvien...
- intervention longue ou hémorragique.
En ce qui concerne les aspirations endo-utérines,
pour fausse-couche spontanée ou IVG (les curetages biopsiques
ou hémostatiques ne nécessitent pas d'antibioprophylaxie),
les bénéfices de l'antibioprophylaxie ne sont pas démontrés.
Il semble qu'il soit certain lorsqu'il existe un facteur de risque de
MST: antécédent infectieux pelvien, partenaires multiples...
Modalités
thérapeutiques
Elles sont les mêmes que pour
l'obstétrique.
• Administration : dose unique
en pré-opératoire ou en début d'intervention. Cette
dose peut être renouvelée en per-opératoire toutes
les trois heures en cas d'intervention longue.
• Dans le cas particulier des
aspirations endo-utérines (IVG, FC), en l'absence de données
plus probantes de la littérature, il paraît souhaitable
de réaliser une antibiothérapie de couverture, durant
4 jours, par tétracyclines.
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Annexes |
En pratique, la mise en route d'une
antibioprophylaxie sera décidée au Bloc chirurgical ou
obstétrical.
Lorsque la patiente quitte le bloc,
l'antibioprophylaxie doit être signalée à la sage-femme
ou à l'infirmière du Service.

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