Pour
l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) le taux de mortalité maternelle se
situe entre 9 et 13 décès pour 100 000 naissances, soit
chaque année 70 à 80 femmes qui décèdent
de leur grossesse ou de ses suites et l’on constate que « La
France se situe dans une position moyenne parmi les pays comparables
et pourrait mieux faire, à l’image de la Finlande (6 pour
100 000) . Quatre-vingt-quatre pour cent des décès
ont lieu dans un hôpital public, 10 % dans une clinique privée
et 6 % à domicile. » Les hémorragies, principalement
du post-partum constituent en France (contrairement aux autres pays
européens) la première cause de mortalité maternelle (21
% des décès), suivies par les complications de l'hypertension artérielle
(12 %), les embolies amniotiques (7 %) et les infections (5%). Enfin,
après ajustement, l’accouchement par césarienne
est associé à un risque de mort maternelle du post-partum
multiplié par 3,5 par rapport à la voie basse (OR 3,52
[95 % IC 2.07;5,98]). Ce risque est significatif pour les césariennes
réalisées avant ou au cours du travail. L’ InVS
publie dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire
(BEH du 12 décembre 2006/n°50) des recommandations à bien
connaître. L’InVS
publie dans le Bulletin épidémiologique
hebdomadaire (BEH
du 12 décembre 2006/n°50) des recommandations à bien
connaître.
Les Hémorragies
Pour tendre à diminuer les décès maternels par
hémorragies :
- toute
maternité se doit d'avoir un protocole écrit des
mesures à prendre en cas d'hémorragie, facilement accessible
par l’ensemble du personnel médical ;
- des exercices
réguliers,
tels ceux effectués par les
pompiers, doivent être réalisés régulièrement
; ils auront pour objectif de s'assurer que tout le personnel médical
connaît le protocole, que tous les médicaments sont à leur
place et que le matériel est en bon état de fonctionnement
;
- quand
une hémorragie survient : toute maternité doit
prévoir, en relation avec un centre de transfusion, le délai
d'acheminement des produits sanguins; ce délai ne doit jamais
dépasser 30 minutes ;
- il faut
apprécier avec la plus grande
exactitude possible l'importance de l'hémorragie et détecter
le plus promptement possibleles anomalies de la coagulation sanguine
;
- il convient
de s'assurer que les voies d’abord, en premier lieu
veineuses, sont suffisantes et adaptées ;
- il est
indispensable de réunir une équipe médicale
complète :
- gynécologues-obstétriciens, anésthésistes-réanimateurs
(seniors), sages-femmes et biologistes du laboratoire d'hématologie
;
- le gynécologue-obstétricien doit non seulement être
capable d'effectuer tous les gestes chirurgicaux qui s'imposent, mais
aussi être à même de poser les bonnes indications au bon moment.
L’hypertension artérielle
gravidique
Il faut
souligner l’importance du suivi régulier de la
grossesse avec dépistage des facteurs de risque, au premier rang
desquels l’hypertension
artérielle.
En cas de céphalées ou de douleurs épigastriques,
la mesure de la tension artérielle s’impose ainsi que la
recherche de protéinurie.
Une hypertension modérée demande une surveillance régulière
et la prescription d’un traitement adapté.
Une hypertension sévère impose le transfert dans un service
de soins intensifs, qui assurera la surveillance et les prescriptions
thérapeutiques en collaboration étroite avec les obstétriciens
et les anesthésistes.
Les
accidents vasculaires cérébraux
Il est difficile
de faire des recommandations dans le domaine des accidents vasculaires
cérébraux au cours de la grossesse et du postpartum.
Un seul cas a été jugé sûrement évitable.
Comme dans l'hypertension artérielle, l'apparition de céphalées
doit être prise en compte. Mais il s'agit d'un symptôme tellement
fréquent qu'il est délicat de faire le choix entre la prescription
d'examens radiologiques (scanner, IRM) par excès ou par défaut.
On peut par contre espérer que la prise en charge générale
des accidents vasculaires cérébraux dans des services spécialisés
contribuera à diminuer la mortalité dans ce groupe de pathologies.
Les embolies amniotiques
Dans tous
les cas de décès maternel par embolie amniotique,
le décès a été jugé inévitable
par le Comité national d’experts sur la mortalité maternelle.
Il est donc difficile de faire des recommandations. Une césarienne
pour tentative de sauvetage foetal est toujours indiquée.
On rappellera simplement que la demande d’autopsie doit être
systématique. C’est le seul moyen d’avoir un diagnostic
de certitude qui puisse être communiqué à la famille
et protéger les médecins en cas de poursuites judiciaires.
Les infections
Dans les
infections maternelles, plusieurs recommandations s’imposent.
- Les
essais randomisés montrent une évidence claire des
bénéfices tirés d’une antibiothérapie
prophylactique pour les césariennes pratiquées en urgence.
La répétition
des prélèvements bactériologiques et hémocultures
est nécessaire dès les premiers signes de l’infection.
La référence à un bactériologiste doit être
recherchée afin d’optimiser l’adaptation du traitement
antibiotique.
- Le contrôle
et la prise en compte des examens prescrits sont une évidence
qui n’a pas été observée dans deux cas et
qui peut être
en cause dans le décès de la patiente.
- Devant
le caractère
insidieux des premiers signes d’une
infection puis face à la rapidité de son évolution,
en particulier lorsque celle-ci est due à un Streptocoque, il
est très
important d’adopter d’emblée une attitude agressive
associant d’une part un traitement antibiotique, à large
spectre, par voie intraveineuse à des doses adaptées
et d’autre part, toute
intervention pouvant prévenir l’évolution vers
une situation irréversible.
- En outre,
le traitement antibiotique doit être entrepris immédiatement
sans attendre les résultats des recherches bactériologiques.
- Les
infections invasives à streptocoque du groupe A sont des
infections nosocomiales rares mais sévères. Elles rentrent
dans le cadre du signalement obligatoire des infections nosocomiales.
Leur prévention
passe par le respect des recommandations d’hygiène de
base lors des soins, en particulier le port du masque en salle d’accouchement.
Source
: Bulletin épidémiologique
hebdomadaire (BEH
du 12 décembre 2006/n°50) |