L’incidence
spontanée des grossesses gémellaires est classiquement de
l’ordre de 1% et peut atteindre 4% dans les centres de niveau III.
L’augmentation constatée dans les 20 dernières années,
de l’incidence des grossesses multiples est essentiellement en rapport
avec les méthodes d’assistance médicale à la
procréation.
D’après les statistiques de l’INSEE (2003 – 760300
naissances vivantes), le taux de naissances multiples se stabilise depuis
1999 (alors qu’il avait augmenté notablement depuis 1973).
Actuellement 3,07% de l’ensemble des naissances sont des grossesses
multiples [Beaumel 2004]. On constate dans notre région (Dress
2000), 3,4% de grossesses multiples.
Aux USA, les données épidémiologiques récentes
font état d’une augmentation importante du taux de grossesses
multiples de l’ordre de 59% entre 1980 et 1999. Le taux d’accouchements
multiples est ainsi passé de 1,9% à 3% naissances vivantes
durant cette période (p<0,001). Ce taux est d’autant plus
augmenté que les patientes sont blanches et que leur age augmente
(30-34 ans [+62%], 35-39 ans [+81%], 40-44 ans [+110%]) (Russell RB, obstet
gynecol 2003).
Dans
les pays industrialisés, la mortalité périnatale
des jumeaux est 4 fois supérieure à celle des enfants uniques.
Il s’agit d’une population à haut risque périnatal.
Cet excès de morbidité et de mortalité périnatale
est essentiellement en rapport avec :
•
la prématurité (x 6 – incidence
# 50% - âge gestationnel moyen = 34SA dans notre expérience).
Dans l’enquête nationale périnatale 2003 , sur l’ensemble
des naissances >22SA (mort-nés inclus), le taux de prématurité
est de 44,9% pour les gémellaires vs 5,8% pour les enfants uniques
; ce qui correspond à une risque x par 7,7. L’excès
de risque existe aussi bien pour la prématurité modérée
que pour la grande prématurité. 6,3% des jumeaux naissent
avant 32SA vs 1,4% des enfants uniques
• le retard de croissance intrautérin
(x 3 – incidence 30-50%).
Dans l’enquête nationale périnatale 2003, le taux
d’enfants de PN < 2500g est de 56,3% versus 6,2% pour les grossesses
uniques ; soit un risque multiplié par 9.
Le
taux d’enfant transférés en post-natal est de 40%
pour les jumeaux vs 6,7 pour les enfants uniques ; 18,5% ont été
transférés dans un autre établissement (données
l’enquête nationale périnatale 2003).
D’après les données USA, les jumeaux ne représenteraient
que 2 à 3% des accouchements d’enfant vivants mais 10 à
15% des issues néonatales défavorables (Hartley 2001).
L’accouchement
gémellaire est un accouchement à haut risque,
associé à un taux important de complications maternelles,
fœtales et néonatales. Les principales anomalies constatées
sont les suivantes :
•
fréquence élevée de la dystocie dynamique (hypocinésie)
engendrée par la surdistension utérine (lenteur de la
dilatation, travail long, lenteur de progression de la présentation)
• fréquence élevée des présentations
potentiellement dystociques : présentations défléchies,
présentations non céphaliques (60% des cas), variétés
postérieures
• fréquence élevée de la procidence de cordon,
en particulier sur J2 du fait des présentations dystociques et
de l’excès fréquent de liquide amniotique (LA)
• efforts expulsifs souvent moins efficaces (distension utérine,
fatigue maternelle)
• fréquence élevée des la prématurité
et du faible poids de naissance. Cette constatation peut rendre compte
des accouchements avant dilatation complète avec un risque de
rétention de tête dernière en cas de présentation
podalique.
• majoration du risque d’hémorragie de la délivrance
(surdistension utérine)
• taux de césarienne globalement élevé, de
l’ordre de 30 et 45% selon les équipes (42% dans notre
établissement). 50.2% d’après les résultats
de l’enquête nationale périnatale 2003.
Par ailleurs, la dystocie gémellaire vraie concerne 3 situations
spécifiques mais rares qui sont l'accrochage des fœtus,
les « monstres doubles » et l’emmêlement des
cordons dans les grossesses monoamniotiques.
La
conduite à tenir pour l’accouchement gémellaire
est relativement bien codifiée bien que certains points
sont toujours l’objet de discussions tels :
• le mode d’accouchement lorsque J1 est en siège,
• l’épreuve fonctionnelle utérine sur utérus
cicatriciel,
• le mode d’accouchement en cas de présentation non
céphalique de J2 (J2/Non Vertex),
• le mode d’accouchement en cas de grande prématurité,
surtout dans le cas précédent (J2/Non Vertex).
Le
2ème jumeau est un fœtus à risque …
Il
est reconnu depuis longtemps que le 2ème jumeau est plus exposé
aux complications obstétricales en cours de travail :
• risque majoré de difficultés mécaniques
(présentations dystociques, rétention tête dernière
en cas de présentation podalique …)
• fréquence majorée des manœuvres obstétricales
internes ou externes, elles mêmes génératrices de
morbidité. La présentation non céphalique du 2ème
jumeau (40% environ des accouchements gémellaires) représente
un dilemme important pour les obstétriciens et la conduite à
tenir optimale en salle de travail reste controversée, surtout
en cas de prématurité.
• souffrance fœtale aigue pouvant être liée
à un décollement partiel du placenta après la naissance
de J1 (risque classiquement majoré lorsque le délai entre
les 2 naissances dépasse 15 minutes) ou à une procidence
du cordon dont la fréquence est majorée (25 fois plus
fréquente que dans les accouchements simples)
• de plus, il est parfois difficile d’évaluer le
bien-être du 2ème jumeau pendant le travail.
Des
travaux récents [24] semblent confirmer l’augmentation
de la mortalité périnatale du 2ème jumeau, suspectée
dans certaines études observationnelles des années 60.
L’imputabilité des difficultés obstétricales
perpartum dans l’excès de mortalité périnatale
est cependant difficile à mettre en évidence (manque d’informations
détaillées sur les causes et le moment de la mort périnatale,
complications obstétricales perpartum masquées par d’autres
causes de décès (prématurité, anomalies
congénitales, évènements antepartum)).
|
Etape
décisionnelle antepartum : choix a priori du mode et de la date d'accouchement |
| (césarienne
prophylactique ou acceptation de la voie basse)
Les
résultats de la dernière enquête nationale périnatale
soulignent que la prise en charge des grossesses gémellaires est
beaucoup plus active en comparaison avec les enquêtes précédentes
:
•
planification très fréquente de l’accouchement
• la césarienne avant travail est 3 fois plus fréquente
que pour les grossesses uniques (36,2% vs 12,1%). Entre 1998 et 2003,
le taux des césariennes avant travail a augmenté de manière
significative (de 29,7% à 36,2% ; p<0.001) alors que le taux
global de césarienne a peu changé (17% à 19,6%).
• Les déclenchements ont été un peu plus
nombreux (25% vs 19,6%).
Au
total, d’après l’enquête, 50,2% des jumeaux naissent
par césarienne versus 19,1% pour les enfants uniques (césarienne
prophylactique ou en cours de travail).
Mode d’accouchement
•
Comme pour le siège, un ensemble de conditions optimales doivent
être réunies pour accepter un accouchement par voie basse.
Différents facteurs doivent être intégrés
dans la discussion du mode d’accouchement :
- antécédents obstétricaux
- contexte : pathologie maternelle (HTA, diabète), obstacle praevia
- age gestationnel : attention si prématuré (32 SA)
- PFE < 1500g ou > 3600g
- Souhait maternel : attention si refus de VB
- Présentations foetales
- Bassin osseux : pelvimétrie à discuter dans certains
cas
(pelviscan ou RPM traditionnelle)
•
La décision du mode d’accouchement - césarienne
prophylactique ou acceptation de la voie basse - sera prise en fin de
grossesse par l’équipe obstétricale :
•
Certaines indications de césarienne ne sont actuellement pas
discutées et acceptées par la plupart des équipes
:
- J1 transverse
- RCIU Sévère sur 1 des jumeaux
- pathologie obstétricale praevia (fibrome, placenta …)
- pathologie maternelle sévère associée (HTA,
PE …)
- utérus multi-cicatriciel
- grossesse monochoriale – monoamniotique (souvent aux alentours
de 34SA)
- jumeaux conjoints
- mais aussi : rétrécissement pelvien, lésions
périnéales avec séquelles fonctionnelles sphinctériennes,
déflexion primitive de la tête d’un des 2 jumeaux,
demande de la patiente ?)
•
D’autres indications sont plus discutées et varient selon
les équipes. Il s’agit essentiellement de l’utérus
cicatriciel, de la grande prématurité, du premier jumeau
en siège ou du 2ème jumeau en présentation non
céphalique. Certains facteurs ne semblent par contre pas devoir
être retenus : type de placentation (en dehors du cas particulier
des la grossesse monoamniotique)…
Cas
de l’utérus cicatriciel
L’épreuve fonctionnelle utérine sur utérus
cicatriciel en cas de grossesse gémellaire reste classiquement
pour beaucoup d’équipes, une indication de césarienne
prophylactique de principe. C’est le cas des recommandations
canadiennes (SOGC 2005).
Cependant des données récentes semblent attester une
faible morbidité de cette épreuve utérine dans
les cas sélectionnés. Varner a récemment publié
les données du registre des césariennes du Maternal-fetal
medicine unit (USA) évaluant le taux de succès et
le risque de l’épreuve utérine dans cette situation
[Varner MW, Am J Obstet Gynecol 2005]. 412 grossesses gémellaires,
ayant au moins 1 antécédent de césarienne,
ont été incluses entre 1999 et 2002. 226 césariennes
itératives ont été effectuées d’emblée
(54,9%) et 186 patientes (45,1%) ont pu tenter une épreuve
utérine. Parmi ces patientes, 64,5% (n=120) ont réellement
accouché par voie basse et 35,5% (n=66) ont bénéficié
d’une césarienne pour échec d’épreuve
utérine (33 de ces patientes ont eu une césarienne
sur J2 après accouchement vaginal de J1).
Il n’y a pas eu de majoration du risque de transfusion, d’endométrite,
de rupture utérine ou de transfert pédiatrique. Aucune
différence sur l’état fœtal au-delà
de 34SA. Les auteurs concluent que la césarienne n’augmente
pas la morbidité maternelle (taux global de césarienne
dans cette sous-population =70.9%).
Cas
de présentation non céphalique de J2 (J2/Non
Vertex). J1 est en présentation céphalique (70 –
80% des cas).
Si l’accouchement par voie basse est consensuel en cas de
2 présentations céphalique (V/V) quel que soit le
terme, le mode d’accouchement optimal est toujours controversé
en cas de présentation céphalique / non céphalique
(V/NV). Cette éventualité concerne environ 30 à
40% des accouchements gémellaires et constitue un dilemme
important pour les obstétriciens.
Données
de la littérature (V/NV) :
Un seul essai randomisé est disponible [19]. Il s’agit
d’un essai comparant la césarienne prophylactique et
la voie basse pour l’accouchement des grossesses gémellaires
avec J2 en présentation non céphalique. 60 grossesses
gémellaires au delà de 35 SA ont ainsi été
randomisées en 33 voies basses et 27 césariennes.
Aucune différence n’a été constatée
sur l’état de J2 (Apgar à 5 minutes, morbidité
néonatale) dans les 2 groupes. Le score d’Apgar à
5 minutes était meilleur pour J1, toutes voies d’accouchement
confondues. Sur le plan maternel, les complications fébriles
du post-partum étaient majorées dans le groupe césarienne
(RR=3,67 - 95%IC: 1,15-11,69). Selon cet essai, la césarienne
élective pour J2-NV ne paraît pas donc pas être
l’option idéale.
Mauldin
a réalisé en 1998 une étude médico-économique
de type coût efficacité dans le but de déterminer
quelle est la méthode la plus efficiente de prendre en charge
les jumeaux de type V/NV [15]. 84 accouchements gémellaires
ont ainsi été étudiés et 3 groupes ont
été comparés : Voie basse acceptée (VBA)
avec Grande extraction du siège (GES) (41 cas), VBA avec
Version par manœuvres externes (VME) (19 cas) et Césarienne
élective (24 cas). La morbidité maternelle était
similaire dans les 3 groupes. Dans le 1er groupe (VBA et GES) la
durée d’hospitalisation est plus courte, il y a moins
de transferts en néonatologie, moins de ventilation, moins
d’infections et une durée d’hospitalisation plus
courte. En l’absence de consensus médical, l’accouchement
par voie basse avec GES du siège est l’option la plus
« coût-efficace » pour l’accouchement des
jumeaux V/NV.
Acker
[1] rapporte une série rétrospective Nord Américaine
d’accouchements gémellaires avec J2-NV pesant plus
de 1500g, comparant 74 accouchements par césarienne et 76
extraction par voie vaginale. La mortalité et les scores
d’Apgar à 5 minutes étaient comparables dans
les 2 groupes.
Winn
[25] rapporte un étude rétrospective incluant 141
paires de jumeaux (>24SA) avec J2-NV en début de travail.
3 groupes ont été comparés : césarienne
élective prophylactique, césarienne en cours de travail
et accouchement par voie basse. La seule différence constatée
est un taux d’acidose fœtale à l’artère
ombilicale majoré en cas d’accouchement par voie basse
des enfants de PN <1500g. L’auteur conclu que l’accouchement
vaginal en cas de J2-NV pesant plus de 1500g est une alternative
sûre à la césarienne.
Dans
une étude rétrospective de cohorte récente,
incluant 422 paires de jumeaux accouchant par voie vaginale avec
J1 en présentation céphalique, Caukwell [7] a comparé
la morbidité néonatale selon la présentation
de J2 et l’âge gestationnel. La probabilité pour
J2 d’accoucher par voie vaginale est moindre en cas de présentation
non céphalique versus présentation céphalique
: OR 0,5 (95% CI 0,3-0,8). Il n’y a pas dans ce cas de différence
significative dans les scores d’Apgar et les taux de transfert
en réanimation. La réalisation d’une césarienne
est associée à un risque de transfert en réanimation
majoré pour le 2ème jumeau en présentation
céphalique (OR 3,8 (95% IC 1,2-12,7). La morbidité
néonatale est similaire après accouchement par voie
vaginale quelle que soit la présentation de J2, en particulier
pour les enfants de faible âge gestationnel (24 à 21SA).
Les auteurs concluent que l’accouchement par voie vaginale
pour les 2ème jumeaux en présentation non céphalique
est une option raisonnable, en particulier pour les bas âges
gestationnels.
Un certain nombre de séries rétrospectives et un essai
randomisé sont donc disponibles concernant le mode d’accouchement
des jumeaux V/NV. Ces données sont globalement en faveur
de l’accouchement par voie basse, surtout lorsque le poids
de naissance est supérieur à 1500 g. La dernière
mise à jour de la Cochrane Database [10] donne les mêmes
conclusions (seul l’essai randomisé cité ci-dessus
a été analysé dans cette mise à jour).
Recommandations
(présentations : V/NV)
Pour le Collège National des Gynécologues Obstétriciens
Français [9], il n'existe pas d'indication à réaliser
une césarienne systématique en cas de présentation
céphalique de J1 quelle que soit la présentation de
J2 dans les grossesses biamniotiques (NP3). La césarienne
n’est pas non plus recommandée par l’American
College of Obstetricians and Gynecologists [3]. La Société
des Obstétriciens et Gynécologues Canadiens recommande
l’accouchement par voie basse quelle que soit la présentation
de J2 dès lors que le poids fœtal estimé est
supérieur à 1500g et que l’obstétricien
est habitué à la pratique de l’accouchement
du siège. Lorsque le PFE est inférieur à 1500g,
il n’y a pas de preuve pour recommander un mode d’accouchement
particulier (césarienne ou voie basse)[4].
Dans
une enquête de pratiques réalisée entre Janvier
et mai 2002 par C. Salque [23] auprès de 89 centres hospitaliers
Français (52 réponses), la voie basse est acceptée
dans 90% des centres après 32 SA et dans 58% des centres
avant 32SA. Le taux global de césarienne dans cette enquête
est de 45,2% (20 à 81%).
Dans le service [protocole Paule de Viguier], nous autorisons l’accouchement
par voie basse dès lors que J1 est en présentation
céphalique, quelle que soit le terme et quelle que soit la
présentation de J2. En cas de présentations V/NV,
la prudence est cependant recommandée :
- après 36 SA, lorsque le poids fœtal estimé
(PFE) de J2 est supérieur de plus de 30% de celui de J1.
Le bassin doit être radiologiquement normal dans ce cas.
- avant 32 SA (ou PFE < 1500 g) en raison du risque majoré
de difficultés d’extraction fœtale.
Cas
de J1 en présentation podalique (20 – 30%
des cas)
Cette situation est d’autant plus fréquente que l’âge
gestationnel est jeune. Elle est potentiellement dangereuse car
il y a la conjonction de plusieurs risques :
- la dystocie dynamique fréquente en cas de grossesse gémellaire
est difficilement compatible avec un accouchement par voie basse
en cas de présentation du siège
- risque majoré de procidence du cordon
- risque théorique d’accrochage des jumeaux
L’accommodation et la descente de J1 peuvent en effet être
gênés par la présence de J2, réalisant
au maximum le classique accrochage des mentons lorsque J2 est en
présentation céphalique. Cette complication exceptionnelle
(fréquence estimée : 1/650 à 1/1000 –
147 cas rapportés dans le monde entre 1958 et 1987) a un
pronostic gravissime avec 30 à 43% de mortalité fœtale
[4]. En cas de manœuvre nécessaire, il faut tourner
le dos du fœtus en siège du côté où
se trouve son jumeau, ce qui favorise le « glissement ».
Cette
conformation a donc longtemps été considérée
comme une contre-indication à l’accouchement par voie
basse surtout lorsque J2 était en présentation céphalique
(20% des accouchements) du fait du risque d’accrochage.
Données
de la littérature
Blickstein a publié récemment une étude rétrospective
cas-témoin, multicentrique (13 centres) dont le but est d’évaluer
le risque d’un accouchement par voie basse dans les grossesses
gémellaires avec le premier jumeau en siège [5]. 239
accouchements par voie basse ont été comparés
à 374 césariennes (stratification selon la parité
et le poids de naissance). Les critères de jugement principaux
étaient le score d’Apgar à 5 minutes et la mortalité
périnatale. Il apparaît que le pronostic fœtal
est altéré lorsque le poids de naissance de J1 est
inférieur à 1500 g avec un risque d’Apgar bas
multiplié par 2,4 (IC95% : 1,2-4,7) et un taux de mortalité
périnatale multiplié par 9,5 (IC95% :4-23,4). Aucune
différence significative n’a été constatée
lorsque J1 pèse plus de 1500 g. La mortalité périnatale
est associée à la grande prématurité.
Pour les auteurs, il n’y a donc pas de preuve que l’accouchement
par voie basse soit délétère en terme d’Apgar
et de mortalité, lorsque le premier jumeau en siège
à un PN d’au moins 1500g. Ces données sont donc
plutôt en faveur d’un accouchement vaginal mais elles
doivent bien sur, être confirmées.
Le
mode d’accouchement reste donc controversé dans cette
situation, quelle que soit la présentation de J2, et la césarienne
est le plus souvent recommandée par manque de données
épidémiologiques fiables (études non randomisées,
faible puissance des essais publiés). La pression médico-légale
actuelle et les résultats de l’essai randomisé
récent sur l’accouchement des singletons en siège
[13] interviennent également dans le choix de la voie d’accouchement.
La plupart des auteurs recommandent d’ailleurs les mêmes
indications de césarienne prophylactique qu’en cas
de grossesse unique (en siège).
Recommandations
(présentations : NV/V ou NV/NV)
L’ACOG recommande la césarienne [3]. En raison du consensus
obtenu outre-atlantique sur l’accouchement du singleton en
siège, la SOGC recommande donc également la césarienne
quelle que soit la présentation de J2 [4]. En France, le
CNGOF conclue en 2000 que les données ne permettent pas de
recommander une voie d'accouchement plutôt qu'une autre (NP4)[9].
Dans
l’enquête de pratiques de Salque [23], une césarienne
est proposée dans 80% des centres après 32 SA quelle
que soit la présentation de J2 et dans plus de 80% des centres
avant 32SA (88% si NV/V et 83% si NV/NV).
Dans
le service [protocole Paule de Viguier], la césarienne est
le plus souvent recommandée, mais l’accouchement par
voie basse est envisageable chez la multipare, consentante, en cas
de poids foetal estimé de J1 supérieur à 1500
g, et avant 36 SA (donc le plus souvent entre 32 et 36 SA). La présentation
de J2 n’intervient pas dans la décision.
Une
revue systématique avec métaanalyse des essais comparatifs
a été publiée récemment par l’équipe
de M Hannah [Hogle KL, Am j obstet gynecol 2003] comparant la césarienne
prophylactique et l’accouchement par voie basse pour les gémellaires
au-delà de 32SA ou 500g de poids fœtal. Sur 67 études
retrouvées dans les bases de données (1980 –
2001), 4 seulement ont été sélectionnées
incluant 1932 enfants. Aucune différence n’est apparue
concernant la morbidité maternelle ou fœtale et la mortalité
maternelle ou fœtale. Les différences constatées
concernent le score d’Apgar à 5 minutes qui est abaissé
en cas d’accouchement par voie basse (OR=0,47 (IC95% :0.26-0.88)),
surtout en cas de premier jumeau en siège (OR=0,33 (IC95%
: 0.17-0.65)). La durée de séjour du nouveau-né
est majorée dans le groupe césarienne avec une différence
moyenne de 4.01 (IC95% : 0.73-7.28). Conclusion des auteurs : il
n’y pas d’argument pour défendre la césarienne
systématique hormis une amélioration attendue du nombre
de score d’Apgar bas à 5 minutes.
Dans une importante série publiée récemment
[Smith GC BJOG 2005] Smith a étudié le risque de mort
périnatale en rapport avec l’accouchement chez les
jumeaux à terme. Il s’agit d’une cohorte rétrospective
de 8073 accouchements gémellaires au-delà de 36SA,
enregistrés entre 1985 et 2001 au sein de la population écossaise.
Ont été exclus les enfants morts antepartum et les
décès périnatals en rapport avec une anomalie
congénitale.
Dans toute la population (n=8073), 6 décès de J1 et
30 décès de J2 ont été constatés.
Ce qui correspond à un OR de décès de J2/J1
de 5 (IC95% : 2 – 14.7) et un OR de décès de
J2/J1 en rapport avec une anoxie intrapartum de 21 (IC95% : 3.5-868.5).
Pas de différence selon qu’un déclenchement
ait été effectué ou selon les discordances
de sexe.
Par contre, dans la sous-population des enfants nés par césarienne
programmée (n=1472), il n’y a pas eu de différence
selon le rang des jumeaux. Dans la sous-population des enfant nés
autrement que par césarienne programmée (n=6601),
les chiffres de mortalité et les OR sont comparables à
la population globale avec les mêmes niveaux de significativité.
En prenant comme critère de jugement le décès
d’au moins 1 jumeau, la différence entre le mode d’accouchement
est significative : 2 décès observés /1472
accouchements par césarienne programmée (0,14%) versus
34 décès observés / 6601 accouchements autres
que par césarienne programmée (0,52%). L’OR
en faveur de la césarienne programmée (pour prévenir
la mortalité) est = 0,26 (95%IC : 0.03-1.03). Les valeurs
sont comparables après ajustement sur les facteurs confondants.
En tenant compte de la causalité, on estime que 264 césariennes
(IC95% :158-808) sont nécessaires pour éviter un décès.
Conclusion des auteurs : la césarienne programmée
pour l’accouchement gémellaire peut réduire
le risque de décès périnatal des jumeaux à
terme de 75% en comparaison à une tentative d’accouchement
par voie basse. Ceci est du principalement à la réduction
du risque de décès du 2ème jumeau par hypoxie
perpartum. Le risque absolu de mort de J2 en rapport avec une asphyxie
perpartum serait de 3,2°/°°, soit 10 fois plus élevé
qu’un singleton à terme.
Date
optimale d’accouchement
Parmi
les patientes n’accouchant pas prématurément, se
pose le problème, de la date optimale d’accouchement (la
grossesse doit-elle durer 9 mois ?).
Pour les singletons, il semble que la mortalité périnatale
minimale soit observée entre 39 et 40 SA. Pour les jumeaux, le
meilleur moment est observé entre 37 et 38 SA [Pons 2000], comme
si le nombre de mortalité périnatale était déplacé
de 2 semaines plus tôt. Plusieurs études vont dans le même
sens.
Dans
une étude en population américaine basée sur l’analyse
rétrospective des certificats de naissance, de décès
et des données d’hospitalisation, Hartley RS a étudié
8150 paires de jumeaux nés dans l’état de Washington
entre 1987 et 1997 [Hartley RS, Am J Obstet Gynecol 2001]. Le nadir
de la mortalité périnatale, de l’incidence du syndrome
de détresse respiratoire et du taux de séjour prolongé
en pédiatrie était observé respectivement à
39SA, 40SA et 38SA. En se limitant aux accouchements spontanés
par voie basse (non déclenchés), le taux de mortalité
périnatale était minimal à 37SA, ce qui correspond
également à la date d’accouchement spontané
de la majorité des jumeaux. La conclusion des auteurs était
de considérer le déclenchement pour les jumeaux à
37 – 38SA.
Pour
la Cochrane [Dodd & Crowther Cochrane database of systematic reviews
2005], il n’y a pas de preuve suffisante pour démontrer
la supériorité de l’accouchement programmé
à 37SA versus laisser la mise en travail spontanée. Le
timing optimal de l’accouchement des gémellaire est incertain.
Un seul essai (incluant 36 femmes) a été inclus dans cette
analyse qui de met pas en évidence de différence.
En cas d’accouchement par voie basse le déclenchement reste
à envisager vers 38SA (en fonction des conditions locales). Si
les conditions locales sont défavorables et sous réserve
d’une surveillance obstétricale rapprochée, la grossesse
peut être poursuivie au-delà de 38SA. La césarienne
programmée pour grossesse gémellaire non compliquée
ne devrait pas être effectuée avant 38SA, en raison du
risque majoré de détresse respiratoire [NHS 2004]
Déclenchement
possible ?
Peu
de données disponibles.
Harle T (Int J Gynaecol Obstet. 2002) rapporte les résultats
d’une étude cas-témoin comparant le déclenchement
artificiel du travail systématique à 36SA (36 patientes)
et l’expectative (45 patientes) dans une population de grossesses
gémellaires indemnes de pathologie maternelle ou fœtale.
Pas de différence significative observée sur le taux de
complication maternelles et/ou fœtale.
Lieu
d’accouchement ?
Quel
type d’établissement ?
Dans l’enquête nationale périnatale 2003 (DREES 2005),
les mères de jumeaux ont accouché plus souvent dans un
CHU/CHR que les mères d’enfant unique (25,7% vs 14,4%)
et plus souvent dans une maternité de niveau III (30% vs 19,1%).
Cependant 26,5% de l’ensemble des mères de jumeaux ont
accouché dans une maternité de niveau 1.
Les
données régionales dans le cadre du réseau
Matermip signalent, en ce qui concerne les transferts in utero (données
2003) :
• 323 grossesses uniques (85%)
• 54 grossesses gémellaires (14%)
• 2 grossesses triples (<1%)
(Rappelons que le taux de grossesses multiples dans la région
Midi-Pyrénées est de 3,4%) (Drees 2000).
|
En
cas d'acceptation de la voie basse
|
C’est
à dire essentiellement lorsque J1 est en présentation céphalique
(70 à 80% des accouchements gémellaires).
La
fréquence des présentations en cours de travail rapportées
dans la littérature est [4]:
• V/V : 38 à 47%
• V/NV : 28 à 45%
Environnement (conditions médicales de
la surveillance du travail et de l’accouchement)
•
l’accouchement doit se faire en salle de césarienne avec
l’équipe médicale complète obligatoirement
présente sur place (obstétricien, pédiatre, anesthésiste,
sage-femme). Une césarienne doit pouvoir en effet être
pratiquée sans délai en cas de souffrance fœtale
aiguë (décollement placentaire, procidence du cordon …)
[3,4]
• sondage vésical
• monitorage continu des deux fœtus
• échographe en salle ou rapidement disponible
• perfusion de dérivés nitrés prête
• Matériel d’extraction (spatules ou forceps) et
boite de césarienne dans la salle
L’accouchement
proprement dit
L’attitude
sur le 2ème jumeau dépend de sa présentation après
l’accouchement de J1, de l’âge gestationnel et de
l’expérience de l’équipe obstétricale.
Il y globalement 2 options distinctes pour l’accouchement de J2
(chacune ayant autant de nombreuses variantes) [17]:
•
Une attitude « active » basée sur
le fait que le délai entre les 2 accouchements peut être
délétère pour J2 (difficulté du monitorage,
risque de SFA, risque de rétraction utérine et cervicale
rendant l’accouchement de J2 difficile).
Le principe de cette attitude est de réduire au maximum le délai
entre les 2 naissances : rupture des membranes de J2 sans délai
et accouchement rapide spontané ou à l’aide de manœuvres
obstétricales. Dans l’optique d’un centre universitaire,
il est également logique de privilégier cette attitude
pour permettre la formation pratique des internes, résidents,
sages-femmes [18]. C’est l’attitude que nous avons adoptée
dans le service (Cf. Protocole).
• Une attitude « d’expectative »
basée sur le respect du mécanisme physiologique de l’accouchement
gémellaire : intervalle de 10 à 15 minutes après
l’accouchement de J1 marqué par un arrêt des contractions
utérines (repos physiologique), puis reprise de l’activité
utérine et accouchement de J2. Le rôle de l’équipe
médicale est d’accompagner ce mécanisme physiologique
: monitorage fœtal, VME d’un fœtus en présentation
transversale, expectative. Un des objectifs de cette attitude est d’éviter
les manœuvres obstétricales intrautérines considérées
comme potentiellement traumatisantes pour le fœtus, quitte à
accepter une augmentation du taux de césarienne sur J2. Un inconvénient
de cette attitude est pour l’équipe obstétricale,
la perte d’expérience pratique des manœuvres intra-utérines
qui peuvent être un jour nécessaires.
Peu
d’études ont comparé ces 2 modalités de prise
en charge. La plus récente est celle de Pons et col. [18] qui
a comparé les conséquences de 2 différentes approches
obstétricales de l’accouchement gémellaire. Les
résultats de 2 cohortes rétrospectives d’accouchements
gémellaires ont ainsi été comparés dans
2 maternités de niveau III ayant des attitudes obstétricales
différentes sur le 2ème jumeau. Dans la première
maternité (Antoine Béclère – 113 accouchements),
l’attitude est plutôt à l’expectative avec
2% seulement de manœuvres intrautérines sur J2 ; dans l’autre
maternité (Port Royal – 78 accouchements), la politique
est plus interventionniste avec une GES systématique sur J2 (43%
de manœuvres intrautérines ont été réalisées).
Le taux global de césarienne est comparable (40,5% versus 40,9%)
ainsi que les résultats néonataux sur le 2ème jumeau
(mortalité, taux de transferts en réanimation). Par contre,
5 césariennes sur J2 ont été effectuées
dans la 1ère maternité (4,3%) et aucune dans la 2ème
maternité. L’intervalle entre les naissances est significativement
différent. Une approche active semble donc diminuer la probabilité
d’une césarienne sur J2 sans augmenter le risque néonatal.
D’autres études sont nécessaires pour confirmer
ces données.
Pendant
le travail
• Le monitorage obstétrical doit respecter 2 impératifs
:
-
Surveillance de la contractilité utérine (monitorage
interne si possible)
Il existe souvent une hypocinésie globale en rapport avec la
surdistention utérine. Une étude attentive de la contractilité
par tocographie interne permet de corriger au mieux une dystocie dynamique
en adaptant précisément la posologie des ocytociques.
- Surveillance continue des deux RCF
Les anomalies ne sont pas plus fréquentes que dans les grossesses
simples.
•
La péridurale est recommandée (en raison
de la fréquence des manœuvres sur J2). Une césarienne
peut être effectuée en cours de travail en cas de dystocie
ou de troubles du RCF.
•
La césarienne doit pouvoir être réalisée
dans les 10 minutes.
Accouchement de J1
• En présentation céphalique, il ne présente
pas de particularité notable. En cas d’engagement en variété
postérieure (OIDP, OIGP), le dégagement se fait souvent
en occipito-sacrée car la rotation de J1 peut être gênée
par la présence de J2.
L’épisiotomie est d’indication large mais non systématique
si les 2 présentations sont céphaliques.
•
En
cas de présentation podalique, la conduite de l’accouchement
diffère peu de celle d’un bb en présentation céphalique
(« direction systématique du dégagement des épaules
et de la tête »). Se méfier du risque théorique
d’accrochage des mentons.
En prévention, il convient de s’assurer que le pôle
céphalique de J2 est au dessus de J1 (clinique et échographie
en cas de doute). L’interposition de pole céphalique de
J2 gêne la progression de la présentation, réalisant
au maximum l’accrochage des mentons (surtout si membranes rompues
ou grossesse monoamniotique). D’où la recommandation d’effectuer
une césarienne en cas de membranes rompues ou grossesse monoamniotique.
Si les membranes de J2 sont intactes, essayer de mobiliser la tête
de J1 (manœuvres internes et/ou externes).
Intervalle
libre (délai entre les 2 accouchements)
• arrêt de la perfusion d’ocytocine après clampage
du cordon de J1
• monitorage fœtal continu
• verticalisation de la présentation par voie externe et
• contrôle de la présentation de J2 (palpation abdominale,
toucher vaginal, éventuellement complétés par échographie).
Ne pas se fier à la présentation supposé avant
la naissance de J1 (20% de changement de présentation).
Problème
du délai entre les 2 naissances
La morbidité périnatale du 2ème jumeau est classiquement
majorée lorsque l’intervalle augmente entre les 2 naissances,
en particulier lorsque celui-ci est supérieur à 15 minutes
et en tous cas à 30 minutes : risque de décollement placentaire,
de souffrance fœtale aiguë, de rétraction utérine
et cervicale …. D’où l’attitude classique de
ne pas attendre plus de 10 minutes après l’accouchement
de J1.
Ces risques sont cependant difficiles à quantifier et les données
actuelles de la littérature, plutôt rassurantes, ne retrouvent
pas de différence de mortalité et de morbidité
fœtale entre les enfants lorsque l’intervalle de temps est
supérieur a 15 minutes [16,22]. Rayburn [20] fait la même
constatation, à partir d’une série rétrospective
de 115 accouchements gémellaires, sous réserve d’avoir
un bon monitorage fœtal, mais note un taux élevé
de césarienne pour extraction du deuxième jumeau en cas
de délai prolongé : 17,7% (dans le groupe délai
> 15 minutes) versus 2,85% (dans le groupe délai < 15 minutes);
p <0,02). Dans la série Canadienne de Persad [16], il n’y
a pas non plus d’augmentation apparente de la morbidité
sévère en cas d’intervalle prolongé (>60
minutes).
Les recommandations Canadiennes [4], autorisent les 2 options : accouchement
immédiat ou expectative sous monitorage fœtal continu. Elles
ne précisent pas le délai maximal autorisé. En
cas de décision d’extraction fœtale (GES,VMI-GES),
celle-ci doit être pratiquée sans délai car le col
se rétracte de manière quasi systématique si l’intervalle
est prolongé entre les 2 naissances.
Dans un papier récent, McGrail [McGrail CD Am J Obstet Gynecol
2005] a étudié le lien entre le pH à l’artère
ombilicale et l’intervalle entre les naissances sur une population
de 144 accouchements gémellaires d’enfants vivants et viables
entre 1997 et 2003. L’analyse multivariée a permis de mettre
en évidence une décroissance lente et continue du pH à
l’AO lorsque l’intervalle augmente entre les 2 naissances.
Les différences de pH observées ne sont pas suffisamment
importantes pour avoir un impact clinique.
Malgré
ces données rassurantes, nous avons toujours une appréhension
à autoriser un intervalle prolongé entre les 2 jumeaux.
Dans tous les cas, la surveillance fœtale doit être stricte.
Aucune donnée n’a démontré l’intérêt
de respecter le repos physiologique (historique : pour Lacomme, il éviterait
les hémorragies de la délivrance). Les principaux intérêts
cliniques à une attitude interventionniste ; équipe sur
place, voies génitales favorables, utérus relâché
(manœuvres) …
Accouchement
de J2 (modalités pratiques de l’accouchement de
J2)
La conduite à tenir pour J2 doit être décidée
par l’obstétricien après l’accouchement de
J1 et après examen (réévaluation de la présentation).
En effet la présentation de J2 change dans plus de 20% des cas
après l’accouchement de J1 (par rapport à ce qu’elle
était initialement). L’échographie en salle de travail
peut être utile au diagnostic de présentation.
Trois situations se présentent alors en pratique selon la présentation
de J2 :
J2 en présentation du sommet (Vertex) :
(# 65% en moyenne / 64% dans notre expérience)
• reprise de la perfusion d’ocytocine
• rupture artificielle des membranes sur une présentation
verticalisée, d’emblée ou dès la reprise
de la dynamique utérine (10 minutes au maximum). La rupture
doit être prudente du fait du risque non négligeable
de procidence du cordon.
• la présentation s’engage le plus souvent rapidement
et les efforts expulsifs sont repris.
• expulsion spontanée ou assistée selon les cas.
Nous
sommes plutôt favorable à une RAPDE immédiate
sans attendre l’engagement de J2 ou la reprise de la dynamique
utérine. En l’absence d’engagement, une césarienne
est habituellement proposée. La VMI + GES reste une possibilité
si bassin normal et opérateur entraîné.
J2 en présentation podalique (Non Vertex)
:
( # 30% en moyenne / 30,5% dans notre expérience)
C’est la situation clinique la plus controversée. L’attitude
obstétricale diffère selon l’option prise : expectative
(reprise de la perfusion d’ocytocine et efforts expulsifs lorsque
la présentation est engagée) ou intervention obstétricale
d’emblée (grande extraction de principe ou VME).
En pratique, 2 cas de figure se présentent selon l’altitude
de la présentation après l’accouchement de J1:
•
1er cas : le siège est en voie d’engagement …
(même attitude que dans la présentation céphalique)
- reprise de la perfusion d’ocytocine
- rupture artificielle des membranes sur une présentation verticalisée,
d’emblée ou dès la reprise de la dynamique utérine
(10 minutes au maximum). La rupture doit être prudente du fait
du risque non négligeable de procidence du cordon.
- expulsion spontanée ou manœuvres …
•
2ème cas : le siège est haut …
Trois alternatives sont envisageables : VME et accouchement en présentation
céphalique, grande extraction du siège (GES) d’emblée,
ou césarienne sur J2.
Nous ne disposons que de peu de données scientifiques rigoureuses
et il est difficile d’organiser un essai randomisé. La
décision est souvent une affaire d’école et dépend
en grande partie, de l’expérience de l’opérateur.
Les séries publiées permettent cependant d’apporter
des informations intéressantes.
•
Certains auteurs proposent une version par manœuvres externes
dans le but d’obtenir une présentation céphalique,
potentiellement moins dystocique que le siège. Le taux de succès
de la VME est diversement apprécié dans la littérature
de 30 à 70% [8,16]. Celle-ci doit être effectuée
sur un utérus relaxé (avant la reprise de l’activité
utérine) à membranes intactes. Les membranes sont ensuite
rompues …
Les principaux risques de la VME sont :
- transformer une présentation du siège en une présentation
transversale imposant alors une VMI-GES ou une césarienne
- provoquer un décollement placentaire à l’origine
d’une souffrance fœtale aiguë (risque déjà
spontanément élevé si le délai entre les
2 naissances est prolongé au delà de 15 minutes). Le
taux de SFA rapporté est élevé, d’environ
18%.
•
L’accouchement gémellaire est actuellement la seule situation
ou il est licite de réaliser une VMI. Dans tous les cas, une
bonne relaxation utérine est essentielle pour réaliser
les manœuvres sur le 2ème jumeau en terme de sécurité
et de taux de succès. Il est donc essentiel d’agir juste
après l’accouchement de J1, avant la reprise de l’activité
utérine et la rétraction du col. Certains préconisent
d’effectuer la VMI « à membranes intactes ».
Le plus important pour nous, n’est pas l’intégrité
des membranes mais l’absence de rétraction utérine.
La manœuvre doit être débuté immédiatement
après la rupture des membranes. La main libre de l’opérateur
(ou un aide) doit exercer pendant la manœuvre, une contre-pression
sur le fond utérin pour éviter la classique désinsertion
utérine.
Il faut être particulièrement prudent en cas de prématurité
ou de faible poids de naissance (<32 SA ou <1500g) et discuter
une césarienne si les manœuvres s’avèrent
difficiles (rétraction cervicale …). Les complications
de la GES sont majorées dans le groupe PN < 1500 g vs PN
> 1500 g [8].
En cas de rétraction utérine, un des moyens simple d’obtenir
une relaxation rapide (< 1 minute) est la trinitrine intraveineuse
(Lénitral®) [11]. La posologie habituellement recommandée
est de 60 à 120 µg par voie intraveineuse directe, à
répéter si besoin 1 fois, 1 à 2 minutes plus
tard (sans dépasser la dose totale de 300 µg). L’utilisation
des dérivés nitrés dans cette indication n’est
pas consensuelle et se fait hors AMM.
•
Version par manœuvre externe ou grande extraction du siège
?
Les données disponibles sont des séries rétrospectives.
D’après ces séries [4,6], le taux d’accouchement
par voie basse après VME sur J2 est de 45% (53/118) alors que
ce taux est de 97% (159/164) après grande extraction du siège.
Le taux de SFA ailleurs significativement majoré (p<0,001)
dans le groupe VME (18%) en comparaison au groupe GES (2%).
Les données actuelles sont donc plutôt en faveur d’une
GES d’emblée [3,4,21]. La VME paraît moins efficace
et plus dangereuse pour le fœtus. La césarienne sur J2
doit rester la solution de dernier recours (cf. chapitre IIIA). La
GES ± VMI, comparée à la VME, est associée
à taux de césarienne inférieur avec un pronostic
materno-fœtal comparable lorsque les poids fœtaux estimés
sont supérieurs à 1500g [4].
•
Nous préconisons [protocole Paule de Viguier] une attitude
interventionniste (délai < 10 minutes) en favorisant les
manœuvres intrautérines. Une grande extraction a été
ainsi réalisée d’emblée dans 87% des cas
de 2ème jumeau en présentation podalique (données
2005-2005)
J2
en présentation transversale (non vertex) :
( # 5% en moyenne / 5,5% dans notre expérience)
La conduite à tenir est comparable à celle du siège
non engagé avec 3 alternatives envisageables : VME et accouchement
en présentation céphalique, VMI- GES d’emblée,
ou césarienne sur J2.
La VME dans cette indication est plus facile que lors d’une
présentation podalique à condition que l’utérus
ne soit pas rétracté et que les membranes soient intactes.
Les risques de cette intervention ont été évoqués
plus haut.
Les données actuelles - peu nombreuses - sont plutôt
en faveur d’une version par manœuvre interne + grande extraction
d’emblée (en terme de sécurité et de taux
de succès). Il est essentiel d’agir avant la reprise
de l’activité utérine et la rétraction
du col, dès la rupture des membranes. Une césarienne
est pratiquée en cas d’échec.
Arbres
décisionnel (d’après Pons, 2000) :
Après acct de J1 :

Délivrance
• La 3ème phase du travail doit être prise en charge
activement en raison du risque accru d’hémorragie de la
délivrance (risque multiplié par 2). Nous préconisons
une délivrance dirigée systématique (5 mUI d’ocytocine
au dégagement de J2). La délivrance artificielle avec
révision utérine est d’indication large d’autant
plus qu’une analgésie péridurale a été
mise en place.
• L’examen macroscopique et anatomopathologique des placentas
est systématique (après repérage éventuel
des cordons).
• Surveillance prolongée du globe utérin et utilisation
large des ocytociques
Cas
particulier de la césarienne sur J2
Le
taux de césarienne sur J2 est le plus souvent compris entre 4
et 6% des accouchements et varie dans la littérature entre 1
et 11 % (Persad 4,3% [16], Rayburn 8% [20], Roopnarinesingh 4,5% [21],
Wolff 11% [26], Rydhstrom 7%[22]). Il est de 2,7% dans notre établissement
(stat 2003).
L’incidence de la césarienne sur J2 est actuellement en
augmentation dans la plupart des centres [16].
Dans
la série de Kurzel [14] reprenant 541 accouchements gémellaires
entre 1987 et 1995, on observe que 96% des césariennes sur J2
sont pratiquées quand J1 est en présentation céphalique
(accouchement par voie basse accepté). La configuration la plus
« sûre » est V/V. La césarienne est le plus
souvent pratiquée dans ce cas pour procidence du cordon (26%
des indications de césarienne). La plupart des indications de
césarienne (52%) sont en rapport avec une présentation
NV de J2 et un échec des manœuvres intrautérines
d’extraction. Ces 2 indications représentent prés
de 80% des césariennes sur J2 et toutes les morts néonatales.
Les autres étiologies sont représentées par la
SFA et le décollement placentaire.
Une
équipe Canadienne [16], a publié récemment une
étude rétrospective de cohorte, dont l’objectif
est de définir l’incidence de la césarienne de J2
et les facteurs influençant cette décision. Durant la
période 1986 - 1999, 1565 accouchements gémellaires ont
été effectués sur 105 987 accouchements, soit 1,5%.
Le mode d’accouchement a été le suivant : voie vaginale
56,8%, césarienne 38,9% (15,9% élective et 23% en urgence)
et mixte (césarienne sur J2) 4,3%. Cette équipe a une
attitude d’expectative sur J2. Les indications les plus fréquentes
étaient une présentation dystocique, un défaut
d’engagement sous ocytocine, une procidence du cordon, une SFA.
Les auteurs constatent :
• une tendance à l’augmentation du taux de césarienne
sur J2
• un risque de césarienne multiplié par 8 lorsque
l’intervalle entre les 2 naissances dépasse 60 minutes
(RR=8,2 – 95%IC :4,6-14,6)
• un risque de recours à l’anesthésie générale
multiplié par 22 en cas de césarienne sur J2 (RR=21,8
– 95%IC :5,4-88,5)
• un taux de césarienne multiplié par 2 (non significatif)
lorsque le poids de naissance de J2 et supérieur de 500g ou plus
à celui de J1
• une augmentation de la mortalité périnatale totale
en cas d’accouchement par voie vaginale ou mixte par rapport à
la césarienne élective.
Wolff
[26] rapporte les résultats d’une statistique Suédoise
retrouvant un taux global de césarienne sur J2 après accouchement
vaginal de J1 de 11%. Ce taux a augmenté récemment. Le
taux global de césarienne pour les grossesses gémellaires
est de 44% dans cette équipe. Les auteurs recommandent en cas
de V/NV, de tenter une VME ou une GES avant de prendre une décision
de césarienne sur J2 (pronostic fœtal favorable, surrisque
maternel de la césarienne).
Wen
SW (Wen SW, Obstet Gynecol 2004) a publié récemment les
résultats d’une étude en population réalisées
à partir des données nord-américaines informatisées
entre 1995 et 1997, dont l’objectif était d’étudier
l’incidence et les facteurs prédictifs de la césarienne
pour l’accouchement de J2 (après accouchement vaginal de
J1). 61845 accouchement de J2 ont été enregistés,
avec 5842 césariennes sur J2, soit 9,45%. Le principal facteur
de risque était une présentation non céphalique
de J3 (Risque attribuable = 33,2% (IC95% : 31,8 à 34,6)), soit
une multiplication du risque par un facteur 4. Le risque de césarienne
est également majoré en cas de complication de l’accouchement
ou du travail et semble diminué en cas d’accouchement instrumental
de J1.
Les
facteurs de risque de césarienne retrouvés sont donc
:
• Présentation de J2 en présentation NV (podalique
ou transverse)
• Discordance des PN entre J1 et J2 (PN de J2 > 30% PN de J1)
• Très faible poids de naissance (< 1500 g)
• Intervalle long entre les 2 naissances (taux de césarienne
sur 2ème jumeau x6)
Les
indications de la césarienne sur J2 doivent être
rares et se résument à :
• la rétraction cervicale avec SFA
• la procidence du cordon
• l’échec des manœuvres d’extraction de
J2
• la césarienne doit enfin être facile en cas de
rétraction cervicale sur un 2ème jumeau de moins de 1500
g ou prématuré (< 32 SA). Le risque de rétention
de la tête dernière est important dans cette situation.
En cas de présentation céphalique, le motif principal
de césarienne est la procidence du cordon ; en cas de présentation
transversale dos en bas, c’est l’échec de VMI.
2/3
des césariennes sur J2 seraient potentiellement évitables
[26]. Une réduction du taux de césarienne
sur le deuxième jumeau pourrait être obtenue en :
• précisant au mieux les indications de la césarienne
élective avant travail (en particulier en cas de faible poids
de naissance, d’une présentation NV de J2, d’un importante
discordance des poids fœtaux)
• favorisant une attitude interventionniste sur J2 (RPDE d’emblée,
GES de principe …)
• pratiquant un enseignement théorique et pratique en salle
de naissance des manœuvres endoutérines. Il est en effet
beaucoup plus facile de former un jeune médecin à la pratique
d’une bonne césarienne plutôt qu’à la
pratique d’une bonne extraction de siège.
La
césarienne sur J2 est associée à une augmentation
de la morbidité maternelle (infections puerpérale, durée
d’hospitalisation, recours à l’anesthésie
générale …). La mortalité maternelle liée
à la césarienne est majorée de 70% si celle-ci
est effectuée pendant le travail par rapport à une césarienne
programmée. Le risque de recours à l’anesthésie
générale est multiplié par 20 dans cette éventualité.
|
Mode
d'accouchement des grossesses gémellaires : protocole de prise en
charge obstétricale
|
(CHU
Paule de Viguier - 2003)
Surveillance
de fin de la grossesse
•
Indication de la Radiopelvimétrie (Inutile si
le bassin a déjà fait ses preuves)
- J1 en présentation podalique et voie basse acceptée
(multipare) ou
- J2 en présentation podalique avec un poids estimé supérieur
de 30% par rapport à J1 après 36 SA
•
Déclenchement systématique à partir
de 38 SA, si les conditions locales sont favorables et J1 en
présentation céphalique. Péridurale d’indication
large. Ballonnet et/ou ocytocine (pas de prostaglandines)
•
Grossesses monochoriales :
- grossesses monochoriales – biamniotiques
. surveillance clinique et échographique tous les 15 jours à
partir de 28 SA
. mêmes consignes que pour l’accouchement que les grossesses
bichoriales
- grossesses monochoriales monoamniotiques : césarienne prophylactique
à 34 SA
(risque majeur d’emmêlement des cordons)
Choix
du mode d’accouchement
Avant
26 SA
- Voie basse acceptée quelles que soient les présentations
Entre
26 et 32 SA (Poids fœtal estimé < 1500 g)
• J1 en présentation céphalique : Voie basse acceptée
(qqs la présentation de J2)
• J1 en présentation podalique : Césarienne
A
partir de 32 SA (Poids fœtal estimé ≥ 1500
g)
• J1 en présentation céphalique : Voie basse acceptée
(qqs la présentation de J2)
(En cas de J2 podalique avec PFE > 30%J1 après 36SA, le bassin
doit être radiologiquement normal)
• J1 en présentation podalique :
- Césarienne chez la primipare
- Voie basse acceptée prudente chez la multipare, consentante,
jusqu’à 36 SA, si le bassin doit être radiologiquement
normal
(critères singletons)
Cas
particulier de l’utérus cicatriciel
• L’épreuve fonctionnelle utérine est autorisée
si : bonne impression clinique, travail très rapide et présentation
céphalique pour J1 et J2 (monitoring interne, consentement éclairé,
surveillance continue).
• Dans les autres cas, prévoir une césarienne prophylactique
(surtout si antécédent d’hystérotomie segmento-corporéale,
de déhiscence utérine non suturée ou de rupture
utérine).
Par ailleurs, une césarienne prophylactique sera également
proposée dans les cas suivants :
• présentation transversale de J1
• grossesses monochoriales monoamniotiques à 34 SA
• jumeaux conjoints
• grossesse de haut rang (triple et plus)
• RCIU
• Autres indications classiques de césariennes (placenta
praevia, …)
Conduite
pratique de l’accouchement si la voie basse est acceptée
A l’arrivée en salle de travail
• Tenir informé l’équipe médicale dès
l’arrivée de la patiente
• Vérifier le dossier
• Confirmer les présentations
• Rediscuter éventuellement le mode d’accouchement
en cas de données nouvelles
Durant le travail
• Recommander l’anesthésie péridurale (fréquence
des manœuvres)
• Monitoring continu des deux jumeaux
• Corriger une dystocie dynamique si besoin (hypocinésie
fréquente)
Expulsion
• Accouchement en salle de césarienne
• Equipe médicale complète présente sur place
(obstétricien, anesthésiste, pédiatre, sage-femme)
• Echographe rapidement disponible
• Episiotomie d’indication large mais non systématique
• Après l’accouchement de J1 :
• Stopper la perfusion de Syntocinon®
• Verticalisation de la présentation par voie externe
• Diagnostic de présentation de J2 (au besoin par échographie)
• L’attitude obstétricale sur le 2ème jumeau
doit être décidée par l’obstétricien
senior.
Trois
situations en pratique :
• J2 en siège
2 options soit grande extraction, soit expectative avec reprise de
la perfusion de Syntocinon®
Les données actuelles sont en faveur de la grande extraction
d’emblée sans attendre la reprise de l’activité
utérine. La VME n’est pas recommandée. Lénitral®
possible en cas de rétraction utérine.
Césarienne en cas d’échec.
•
J2 en transverse
Version par manœuvres interne + grande extraction d’emblée.
Lénitral® possible en cas de rétraction utérine.
Césarienne en cas d’échec.
•
J2 en céphalique
Rupture prudente de la 2ème poche et expectative avec reprise
de la perfusion de Syntocinon®.
Délivrance
(risque accru d’hémorragies de la délivrance (x2))
• DA/RU d’indication large d’autant plus qu’une
analgésie péridurale a été mise en place
• En l’absence de DA-RU, une délivrance dirigée
est conseillée (5 mUI d’OCT au dégagement de J2)
• Examen macroscopique et anatomopathologique systématique
des placentas
(en identifiant clairement les cordons)
|
Conclusion
|
L’accouchement
gémellaire est un accouchement à risque, surtout pour le
2ème jumeau. L’information éclairée des patientes
est essentielle et la pression médico-légale actuelle interfère
dans les décisions obstétricales.
La situation la plus débattue actuellement est lorsque le 2ème
jumeau est en présentation podalique. La tendance actuelle est
à l’augmentation du taux de césarienne, pourtant c’est
actuellement la seule situation obstétricale où les manœuvres
d’extraction intrautérine sont encore licites au vu des données
publiées. Nous pensons que les protocoles obstétricaux actuels
doivent privilégier la voie basse en l’absence de données
contradictoires irréfutables. L’expérience de l’opérateur
joue ici un rôle essentiel, ce qui souligne l’importance de
l’enseignement pratique (compagnonnage en salle de travail …).
La grande extraction du siège n’est pas un geste difficile,
mais encore faut-il l’avoir déjà pratiqué…
Des données récentes [16,24] semblent être en faveur
d’un rôle protecteur de la césarienne élective
au delà de 36 SA. Si ces données se confirment, il est fort
à parier que la part de la voie basse diminuera encore. La problématique
rejoint en ce sens, un peu celle du siège vers une indication de
césarienne systématique…. Les recommandations Nord
Américaines et Canadiennes font déjà une large part
à la césarienne. Il est donc essentiel qu’une attitude
consensuelle soit établie en France (réflexion nationale,
étude prospective randomisée Française …).
(1)
enquête réalisée en octobre 2003, pendant 1 semaine,
sur la totalité des naissances > 22 SA et sur l'ensemble des
maternités de France. 15 378 naissances ont été enregiistrées
(15 108 femmes) au total (14 737 en France métropolitaine et 641
dans les DOM).
(2)
80 % de bichoriale-biamniotique ; 19 % de monochoriale-biamniotique :
1 % de monochoriale-monoamniotique |
Bibliographie
|
Abréviations
ACOG
: American College of Obstetricians and Gynecologists
CNGOF : Collège National des Gynécologues Obstétriciens
Français
GES : Grande extraction du siège (Breech extraction)
NV : Non vertex
PN : Poids de naissance
RCIU : Retard de croissance intrauterin (Intrauterine growth restriction)
RCF : Rythme Cardiaque Foetal
RPM : Radiopelvimétrie
SFA : Souffrance fœtale aiguë (Acute fetal distress)
SOGC : Société des Obstétriciens et Gynécologues
Canadiens
V : Vertex
VBA : Voie basse acceptée
VME: Version par manoeuvres externes (external cephalic version)
VMI: Version par manoeuvres internes (internal cephalic version)
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Français. Recommandations pour la pratique clinique : «
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