| Le
diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique
survenant ou diagnostiqué pour la première fois pendant
la grossesse (diabète prégestationnel de type 2 méconnu
ou véritable diabète gestationnel)
Modalités
de dépistage du diabète gestationnel
Qui
dépister ?
• Le
dépistage doit être universel et idéalement proposé
entre 24 et 28 SA
• 30 à 40% des diabètes gestationnels surviennent
en l’absence de facteur de risque.
• Seules les patientes de moins de 25 ans, minces (BMI<24),
sans antécédents peuvent être exemptées du
dépistage.
• En cas de facteurs de risque, le test de O’Sullivan doit
être effectué précocement en début de grossesse
(1er trimestre) et devra être répété entre
24 et 28 SA. (En l’absence de O’Sullivan, une glycémie
à jeun précoce permet d’éliminer un diabète
préexistant méconnu).
Rappel
des facteurs de risque du Diabète gestationnel :
•
obésité prégestationnelle (BMI > 27)
• antécédent de diabète type 2 chez un collatéral
direct avant l’âge de 40 ans
• antécédent d’enfants de poids de naissance
> 4,5 kg, de MFIU ou de malformation
• antécédent de diabète gestationnel
• âge > 25 ans
Comment dépister ?
Dépistage
en 2 temps
•
Test de O’Sullivan : Glycémie 1h après
absorption de 50g de glucose.
- Pas de
T0, pas besoin d’être à jeun
- Seuil retenu = 1,3 g/l (7,2 mmmol/l)
- Si ≥ 2 g/l (11,1 mmol/l) : diabète gestationnel sans
nécessité d’autres explorations
- Si entre 1,3 g/l (7,2 mmmol/l ) et 2g/l (11,1 mmol/l), pratiquer une
HGPO
•
HGPO: 100g de glucose, patiente à jeun, avec
glycémie à T0, T60, T120, T180 (à préciser
sur ordonnance). Pour
ne pas retarder le diagnostic, on peut prescrire d’emblée
l’HGPO sur une 2ème ordonnance jointe, à faire dans
les 7 jours, si le O’Sullivan est pathologique.
Diagnostic
du diabète gestationnel Seront
considérées comme diabétiques, les patientes :
•
dont la glycémie post charge lors du test de O’Sullivan
est d’emblée ≥ 2 g/l (11,1 mmol/l)
•
ou présentant une HGPO (100 g) pathologique
avec au moins 2 valeurs pathologiques
Valeurs
seuils retenues (Critères de Carpenter et Coustan) :
| T0 |
0,95
g/l |
5,3
mmol/l |
| T60 |
1,80
g/l |
10 mmol/l |
| T120 |
1,55
g/l |
8,6
mmol/l |
| T180 |
1,40
g/l |
7,8
mmol/l |
(Si 1
valeur est pathologique, on parle d’intolérance au glucose)
•
ou présentant un cycle glycémique pathologique
: Glycémie à jeun > 0,95 g/l et/ou Glycémie
post-prandiale > 1,2 g/
Cas
particuliers
•
En cas de diabète découvert chez une patiente jeune, mince,
sans facteurs de risque, surtout s’il existe un contexte auto-immun,
discuter la recherche d’anticorps anti-cellules de Langerhans
(anti-GAD), en faveur d’un diabète type 1.
•
En cas d’anomalies évocatrices de diabète (macrosomie
fœtale, excès de LA) après 34 SA (dépistage
normal ou non fait), proposer un cycle glycémique
•
Indication de l’HGPO (100 g) d’emblée
- dans
le bilan étiologique des MFIU
- en
cas de forte suspicion de diabète (après 24SA) :
- antécédent
de diabète gestationnel insuliné
- anomalies de la grossesse évocatrices de diabète avant
34SA (macrosomie, excès de LA)
Prise
en charge nutritionnelle et diabétologique
Diététique
et hygiène de vie
•
C’est la première action à entreprendre.
• RDV à prendre avec diététicienne
• Éviter les sucres simples surtout en prise isolée
• Fractionner l'alimentation en 5 à 6 prises
• Consommer régulièrement des féculents et/ou
du pain (à chaque repas)
• Manger des légumes verts à chaque repas
• Limiter les aliments riches en graisse
• Activité physique (marche régulière, natation)
Proposition d’une séance d’éducation thérapeutique
•
D’emblée ou après avoir bénéficié
d’une consultation diabétologique ou diététique
• Prendre rendez-vous (ces demi-journées d’éducation
thérapeutique concernent les patientes chez qui le diagnostic
de diabète gestationnel ou d’intolérance au glucose
a été confirmé par l’HGPO 100g)
Surveillance
glycémique (Diagnostic posé et régime mis en place)
•
soit par autosurveillance glycémique
•
soit par un cycle glycémique à J5 :
- glycémie
à jeun
- glycémie deux heures après le début du petit
déjeuner
- glycémie deux heures après le début du déjeuner.
•
Objectifs glycémiques:
- glycémie
à jeun < 0,95 g/l (5,3 mmol/l)
- glycémie postprandiale < 1,20 g/l (6,7 mmol/l)
•
si normal, cycles glycémiques veineux tous les 15 j (+ maintien
du régime)
Cs
diabétologique
•
1ère cs : sensibilisation et éducation à l’autosurveillance
glycémique (mise en place du contrôle glycémique
4 à 6 x/j) ± insulinothérapie
•
Consultation à une semaine
- tenue
du carnet
- contrôle des objectifs (But : glycémie moyenne < 1,05
– 1,10 g/l)
- réévaluation du suivi diététique
- surveillance pondérale : prise de poids = 1 kg/mois (perte
de poids modérée possible, sans danger)
•
Indication de l’insulinothérapie
- d’emblée
si la glycémie à jeun est > 1,30 g/l sous régime
- ou si objectifs glycémiques non atteints sous régime
Surveillance
obstétricale de la grossesse
Elle vise
à dépister les complications (essentiellement la prééclampsie)
DG bien équilibré
•
Surveillance clinique mensuelle habituelle
•
Surveillance biologique
- Prélèvement
Vaginal à 34 - 35 SA
- Bilan vasculorénal à 34 SA au moindre doute
•
Surveillance échographique mensuelle
- L’échographie
de 32 – 34 SA permet : Repérer le retentissement foetal
= macrosomie (impose alors de renforcer la surveillance glycémique)
- Doppler ombilical et utérin conseillé
- Pas de mesure du septum interventriculaire en l’absence de macrosomie
DG « compliqué »
•
Correspond à un DG :
- insuffisamment
équilibré par le régime/insulinothérapie
- retentissement foetal = macrosomie
- complications vasculaires surajoutées
•
Surveillance clinique tous les 15 jours
•
Surveillance biologique, à répéter en fonction
des circonstances
•
A partir de 36 SA, consultation/sem avec enregistrement du RCF
•
Surveillance échographique
- Echo
à 32 SA : idem [ATTENTION aux «faux » eutrophes]
- Echo
à 35 - 36 SA :
- Idem
+ score de Manning
- ±
mesure du septum interventriculaire (SIV) si macrosomie
si pathologique (> 5,5 ou 6 mm) = avis spécialisé
- Echo
à 38 SA :
- Circonférence
abdominale, +/- estimation du poids fœtal
- DO, score de Manning ± Septum
Modalités
d'accouchement Déclenchement
?
•
Ne pas déclencher avant terme du seul fait du diabète
gestationnel
- Si bon
équilibre et pas de retentissement = poursuite de la grossesse
à terme
- Ne pas laisser dépasser le terme : hospitalisation pour déclenchement
ou césarienne
•
Indications de déclenchement :
- Pathologie
vasculaire surajoutée
- Excès de croissance vrai : CA > 350 mm
- Terme dépassé
•
Indications plus discutables :
- A partir
de 38 SA, si col favorable
- Hypertrophie septale
•
Techniques de déclenchement identiques
Mode
d’accouchement ?
•
Proposer une césarienne systématique
- si le
poids foetal est estimé à plus de 4500 g
- ou si
la CA (Circonférence abdominale) > 370 mm +++
- Risque
de traumatisme obstétrical
- Risque de dystocie des épaules augmenté par la présence
du DG (macrosomie tronculaire) et l’application instrumentale
•
Pas d’indication d'extraction sur des critères purement
diabétologiques
- Surveillance
étroite du travail si VB acceptée
- diriger le travail si nécessaire
- analgésie péridurale recommandée
- ne pas autoriser une fin de première phase au deuxième
phase du travail trop longue
- pas d’application instrumentale à la partie moyenne (se
méfier d’un arrêt de progression)
- équipe obstétrico-pédiatrique présente
au moment de l ’accouchement
Suivi diabétologique pour l’accouchement chez une patiente
présentant un diabète gestationnel insuliné en cours
de grossesse :
•
arrêt de l’insuline dès le début du travail
• surveillance des glycémies capillaires toutes les deux
heures ± perfusion de glucosé
En
post-partum Contrôle
glycémique en post-partum immédiat
•
Cycle glycémique à J2 ou C4 (ou autosurveillance glycémique)
• Avis diabétologique avant la sortie si glycémies
supérieures à 1g/l à jeun, et/ou 1,2g/l en post-prandial.
Evoquer la possibilité d’un diabète type 2 devant
des glycémies à jeun pathologiques (≥ 1,05 g/l)
ou de cycle glycémique pathologique à J3
Allaitement
maternel conseillé
Contraception
estro-progestative possible (pas de contre-indication formelle)
Suivi à distance
•
Prescrire :
- une HGPO
75g sur 2 heures (OMS)
- à pratiquer 3 à 6 mois après l’accouchement
(après la fin de l’allaitement)
• Le
diabète se définit par :
- glycémie
à jeun > 1,26 g/l (7 mmol/l) à jeun, ou
- glycémie post-charge > 2 g/l (11,1 mmol/l) à T120
(si glycémie à jeun entre 1 et 1,26 g/l, et/ou post-charge
entre 1,4 g/l et 2 g/l, il s’agit d’une Intolérance
au glucose)
•
Prévenir le médecin traitant ou/et le gynécologue
habituel de la patiente
•
Rechercher des anti-GAD, si non fait et si contexte clinique évocateur
(femme mince sans FDR, sans ATCD familial de type 2, contexte auto-immun
…)
•
Régime et hygiène de vie
- Si obésité
ou surpoids, le régime va retarder l’évolution vers
un diabète
- Si poids normal, on peut lui conseiller de ne pas abuser de sucres
«purs »
•
Insister sur l’activité physique et lutter contre les FDR
cardio-vasculaires
•
Surveillance annuelle de la glycorégulation (Glycémie
à jeun), d’où l’importance du lien avec le
médecin traitant qui va prendre le relais de la surveillance
Prise
en charge pédiatrique En
cas de DG équilibré par régime
Les nouveaux-nés
ne présentent pas de majoration du risque d’hypoglycémie
en comparaison à des nouveaux-nés contrôles de mère
non diabétique. Ils ne nécessitent donc pas de bilan complémentaire,
mais seulement l’introduction rapide et fractionnée de
l’alimentation (8 prises J1 à J2)
En cas de DG mal équilibré ou insuliné en cours de
grossesse
•
Risques néonataux :
- Hypoglycémie
: sa fréquence est directement liée au degré d’hyperglycémie
maternelle et par conséquent à l’hyperinsulinisme
fœtal (15-45%) – [voir protocole spécifique]
- Hypocalcémie : par arrêt brutal des apports et rôle
de l’insuline
- Polyglobulie (30%) par augmentation de l’érythropoïèse,
en relation avec l’hyperinsulinisme. Elle explique la fréquence
des ictères et le risque de thrombose des veines rénales
- Hypertrophie myocardique, avec éventuelle décompensation
(exceptionnelle)
- Détresse respiratoire (2-20%) : poumon de césarienne
et retard de maturation du surfactant.
•
Surveillance et prise en charge systématique :
- Début
précoce de l’alimentation avant H2 de vie
- Fractionnement de l’alimentation : tétées toutes
les 3 heures
- Surveillance des dextros :
. 4 fois
par jour à J1 (jusqu’à 8 fois par jour si survenue
d’hypoglycémie)
. 2 à 3 fois par jour à J2 (4 fois par jour en cas d’hypoglycémie)
. arrêt des dextros à J3 s’ils ont toujours été
normaux, (poursuite en diminuant les contrôles en fonction des
résultats)
- Supplémentation
en vitamine D dès J1, calcémie à J3 avec le test
de Guthrie
- En cas d’hypertrophie septale connue (SIV > 5mm à
36 SA)
- si
le nourrisson est asymptomatique, pas d’échographie cardiaque
systématique
(en dehors de la prescription du cardiopédiatre en anténatal)
- si présence d’un souffle à l’auscultation,
radio thoracique et contrôle de l’échographie cardiaque
indispensables, afin de surveiller et/ou traiter les enfants présentant
une hypertrophie cardiaque symptomatique (AVLOCARDYL®)
Devenir
à long terme 40%
des femmes présentent un Diabète de type 2 dans les 6 ans
•
Facteurs de risque : obésité, ATCD familiaux.
• Évolution plus fréquente qu’il y a 15 ans.
La contraception orale ne parait pas délétère.
Fréquence majorée en présence de FDR : jusqu’à
80% à 10 ans dans certaines études
6% des femmes présentent un Diabète de type 1, en général
dans l’année suivante
(Anticorps
anti-GAD ?)
L’enfant est à risque d’obésité à
l’adolescence, et de diabète type 2
Education
nutritionnelle à encourager +++

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