0205020303
Le prurit gravidique peut révéler une pathologie grave
Septembre 2007

Le prurit est une plainte fréquente de la femme enceinte. La plupart du temps, isolé et bénin, il peut aussi révéler une pathologie grave pour la mère et le fœtus, et il faut en connaître les principales causes.

Le prurit dit "physiologique" de la grossesse survient lors du dernier trimestre, intermittent, il ne s'accompagne d'aucune lésion spécifique. Il disparaît spontanément après l'accouchement, mais peut récidiver lors des grossesses suivantes.
Traitement : émollients et antihistaminiques per os.

Cholestase intrahépatique
Le prurit par cholestase intra hépatique survient également au cours du dernier trimestre. Il s'accompagne souvent de signes généraux : insomnies, ictère cutanéo-muqueux dans 10 % des cas.
La cholestase se traduit par une élévation des sels biliaires totaux, des transaminases, des gamma GT, des 5'nucléotidases et des phosphatases alcalines.
Traitement : la cholestyramine a longtemps été la molécule de référence. Pourtant, elle ne fait pas diminuer de façon significative le taux d'acide biliaire. L'acide ursodésoxycholique à 600 mg-1g/jour fait chuter le taux de l'acide biliaire et traite efficacement le prurit. Un traitement symptomatique peut être utile (émollients, antihistaminiques)

La dermatite polymorphe de la grossesse
Cette entité regroupe de multiples appellations (dermatose papuleuse et prurigineuse de la grossesse, rash gravidique…). Le prurit débute vers la fin du 6ème mois. Il est suivi d'une éruption constituée de plaques et placards érythémateux, papuleux, urticariens, parfois vésiculeux. L'ombilic est souvent respecté, et l'éruption peut être centrée sur les vergetures. Le pronostic fœtal n'est pas compromis. Il s'agit d'un diagnostic d'élimination. Le traitement repose sur les antihistaminiques per os et les dermocorticoïdes jusqu'à ce qu'il disparaisse en post-partum.

La pemphigoïde gravidique
La pemphigoïde gravidique est une dermatose bulleuse auto-immune rare (1 sur 40000 grossesses). Elle survient chez la multipare, en général au cours du 2ème ou du 3ème trimestre, parfois dans le post-partum.
L'éruption prurigineuse est constituée de plaques papuleuses sur lesquelles apparaissent des décollements vésiculo-bulleux. Elle débute souvent à la jonction juxta-ombilicale avec un aspect polycyclique. Les lésions s'étendent ensuite, mais les localisations muqueuses restent grave.
La pemphigoïde gravidique persiste quelques semaines après l'accouchement, mais peut récidiver lors de grossesses ultérieures ou sous oestro-progestatif. La pemphigoïde gravidique peut être associée à une prématurité et à une hypotrophie fœtale, sans augmentation de la mortalité fœtale. La corticothérapie générale reste le traitement de choix.

La pustulose exanthématique
C'est une infection rare mais grave. Elle débute au 3ème trimestre de la grossesse, parfois de manière plus précoce. Elle se manifeste pas des plaques devenant pustuleuses, débutant par les plis, puis qui s'étend mais en respectant classiquement la face et les extrémités des membres. L'état général est altéré, avec fièvre, hypogammaglobulinémie et hypocalcémie. Le pronostic foetal est mauvais avec un risque de mort in utero évalué à 25 % des cas. Le traitement repose sur la corticothérapie générale.

Source : Pr. Michel FAURE – Gynécologie et ailleurs n°2


MOTS-CLES : prurit – cholestase intrahépatique – dermatite polymorphe – pemphigoïde gravidique – pustulose exanthématique - MDB