Le
prurit dit "physiologique" de la grossesse survient
lors du dernier trimestre, intermittent, il ne s'accompagne d'aucune
lésion spécifique. Il disparaît spontanément
après l'accouchement, mais peut récidiver lors des grossesses
suivantes.
Traitement : émollients et antihistaminiques per os.
Cholestase
intrahépatique
Le prurit par cholestase intra hépatique survient également
au cours du dernier trimestre. Il s'accompagne souvent de signes généraux
: insomnies, ictère cutanéo-muqueux dans 10 % des cas.
La cholestase se traduit par une élévation des sels biliaires
totaux, des transaminases, des gamma GT, des 5'nucléotidases et
des phosphatases alcalines.
Traitement : la cholestyramine a longtemps été la
molécule de référence. Pourtant, elle ne fait pas
diminuer de façon significative le taux d'acide biliaire. L'acide
ursodésoxycholique à 600 mg-1g/jour fait chuter le taux
de l'acide biliaire et traite efficacement le prurit. Un traitement symptomatique
peut être utile (émollients, antihistaminiques)
La
dermatite polymorphe de la grossesse
Cette entité regroupe de multiples appellations (dermatose papuleuse
et prurigineuse de la grossesse, rash gravidique…). Le prurit
débute vers la fin du 6ème mois. Il est suivi d'une éruption
constituée de plaques et placards érythémateux,
papuleux, urticariens, parfois vésiculeux. L'ombilic est souvent
respecté, et l'éruption peut être centrée
sur les vergetures. Le pronostic fœtal n'est pas compromis. Il
s'agit d'un diagnostic d'élimination. Le traitement repose sur
les antihistaminiques per os et les dermocorticoïdes jusqu'à ce
qu'il disparaisse en post-partum.
La
pemphigoïde
gravidique
La pemphigoïde gravidique est une dermatose bulleuse auto-immune
rare (1 sur 40000 grossesses). Elle survient chez la multipare, en général
au cours du 2ème ou du 3ème trimestre, parfois dans le
post-partum.
L'éruption prurigineuse est constituée de plaques papuleuses
sur lesquelles apparaissent des décollements vésiculo-bulleux.
Elle débute souvent à la jonction juxta-ombilicale avec
un aspect polycyclique. Les lésions s'étendent ensuite,
mais les localisations muqueuses restent grave.
La pemphigoïde gravidique persiste quelques semaines après
l'accouchement, mais peut récidiver lors de grossesses ultérieures
ou sous oestro-progestatif. La pemphigoïde gravidique peut être
associée à une prématurité et à une
hypotrophie fœtale, sans augmentation de la mortalité fœtale.
La corticothérapie générale reste le traitement de choix.
La
pustulose exanthématique
C'est une infection rare mais grave. Elle débute au 3ème
trimestre de la grossesse, parfois de manière plus précoce.
Elle se manifeste pas des plaques devenant pustuleuses, débutant
par les plis, puis qui s'étend mais en respectant classiquement
la face et les extrémités des membres. L'état
général
est altéré, avec fièvre, hypogammaglobulinémie
et hypocalcémie. Le pronostic foetal est mauvais avec un risque
de mort in utero évalué à 25 % des cas. Le traitement repose sur la corticothérapie générale.