Diagnostic de l'ostéoporose

Les méthodes de diagnostic de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées ont fait l'objet d'une publication de l'ANAES en avril 2001. Un article récent paru dans Abstract Ostéoporose fait le point sur la démarche clinique et paraclinique à l'arrêt du THS et conclut que ces recommandations sont toujours d'actualité.
 
Définition de l'ostéoporose par l'OMS

L'OMS a défini quatre catégories après mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par absorptiométrie diphotonique aux rayons X (DXA), chez les femmes de race blanche :

• Normale : T score > -1
• Ostéopénie - masse osseuse faible: -2,5 < T score ≤ -1
• Ostéoporose : T score ≤ 2,5
• Ostéoporose grave : T-score < 2,5 et coexistant avec une ou plusieurs fractures.

 
Les moyens diagnostiques de l'ostéoporose

• La technique de l'absorptiométrie diphotonique aux rayons X est recommandée. La mesure doit être effectuée

- Sur deux sites, de préférence rachis lombaire et extrémité supérieure du fémur
- En cas d'impossibilité d'interprétation de mesure de ces deux sites, ils peuvent être remplacés par une mesure du radius.

• Ne sont pas recommandées pour établir le diagnostic d'ostéoporose

- Les mesures par scanner et ultrasons
- L'utilisation des marqueurs du remodelage osseux

• Les radiographies standard ne doivent être utilisées qu'en cas de suspicion de fracture récente ou ancienne, et en particulier dans les circonstances suivantes :

- Douleurs vertébrales aiguës
- Modification récente de la courbure rachidienne
- Diminution de taille inexpliquée. Il est dans ce cas recommandé de réaliser une radiographie du rachis dorsal et/ou lombaire face et profil.

 
Indications de l'ostéodensitométrie chez la femme ménopausée

• Il est recommandé de réaliser une ostéodensitométrie devant :

- La découverte radiologique d'une fracture verttébrale sans caractère traumatique ni tumoral évident

- Un antécédent personnel de fracture périphérique survenue sans traumatisme majeur (sont exlues de ce cadre les fractures du crâne, des orteils, des doigts et du rachis cervical)

- Des antécédents documentés de pathologies potentiellement inductrices d'ostéoporose, en particulier : hypogonadisme prolongé, hyperthyroïdie évolutive non traitée, hypercorticisme et hyperparathyroïdie primitive. Pour le Docteur Catherine CORMIER, "d'autres maladies pourront être prises en compte, bien que leur faible prévalence ou leur influence plus modérée sur la perte osseuse ne les aient pas fait retenir par l'ANAES pour recommander de pratiquer une ostéodensitométrie : intolérances au gluten, hémochromatoses".

• La réalisation d'une ostéodensitométrie peut être proposée chez la femme ménopausée, en présence d'un ou de plusieurs des facteurs de risque suivants :

- Les antécédents de fracture vertébrale ou du col fémoral sans traumatisme majeur chez un parent au 1er degré
- Un indice de masse corporelle < 19 kg/m2
- Ménopause avant 40 ans quelle qu'en soit la cause ou ménopause iatrogénique
- Antécédent de corticothérapie prolongée (> 3 mois) à la dose de corticoïde équivalent prednisone ≥ 7,5 mg par jour.

Il n'est pas recommandé de réaliser une ostéodensitométrie chez une femme ménopausée chez laquelle le traitement hormonal substitutif (THS) est indiqué, prescrit à dose efficace (pour assurer une prévention de l'ostéoporose) et bien suivi.

Lorsque le résultat de l'ostéodensitométrie est normal et qu'aucun traitement n'est institué, une deuxième ostéodensitométrie peut être proposée 2 à 5 ans après la réalisation de la première et ce en fonction de l'ancienneté de la ménopause, du résultat de la première mesure et de la persistance ou de l'apparition de facteurs de risque.

Revue de presse rédigée par le Docteur Michel DAGUES-BIE - Tarbes

 
Bibliographie
Abstract ostéoporose n°1 - janvier 2005
Les recommandations de l'ANAES - 2001

MOTS-CLES : Ostéoporose - Ostéopénie - Ostéodensitométrie - DMO - DAGUES-BIE M.