Le syndrome des jambes sans repos

Michel DAGUES-BIE
Le syndrome des jambes sans repos (Sjsr) ou syndrome d'Ekbom est une maladie neurologique et non musculaire, qui a en France une prévalence de 8 % (dont 2 % dans les formes modérées à sévères), et il touche deux fois plus les femmes (11 %) que les hommes.
Etiopathogénie

L'origine reste inconnue. Il implique le système dopaminergique, mais il n'apparaît pas être précurseur de la maladie de Parkinson. Il existe un faisceau de présomptions qui font penser que le primum movens pourrait être une anomalie du passage de la barrière encéphalique par le fer, co-facteur de la transmission dopaminergique.

On retrouve souvent une susceptibilité génétique, de type autosomique dominant, ce qui explique des "foyers de syndromes", notamment chez les Québécois originaires de Vendée et les Turcs.

Des études ont déjà individualisé un locus associé au Sjrs surle chromosome 12q et 14q, mais une étude de génoscanning européenne devrait nous apporter des informations complémentaires.

Une prédisposition familiale est retrouvée dans plus de la moitié des cas dans les formes idiopathiques qui représentent plus de 70 % des cas.

La grossesse semble favoriser la survenue d'un Sjsr, mais il disparaît après l'accouchement.

Le Sjsr peut être secondaire à :
• Une anémie ferriprive, et le dosage de la ferritine doit faire partie du bilan
• La prise de certains médicaments du système nerveux central : certains antidépresseurs, neuroleptiques,…
• Des maladies : insuffisance rénale chronique, polyarthrite rhumatoïde, diabète, polyneuropathies
• Des carences vitaminiques (B12 – Folates) ou la prise de certains excitants : café, alcool.

Diagnostic

Il est clinique et repose sur quatre critères diagnostiques :
• Survenue au repos, parfois dans la journée mais surtout la nuit, à l'endormissement ou lors de réveils nocturnes, et dans ce cas ils sont responsables d'insomnies.
• Il atteint les membres inférieurs de la cheville aux genoux, mais dans les formes sévères il peut toucher aussi les avant-bras.
• Il se manifeste par la nécessité de bouger les jambes (impatiences),habituellement associée à des sensations désagréables très variées : démangeaisons, tiraillements, brûlures, douleurs dans les muscles. Très souvent, ces symptômes s'associent à des mouvements involontaires des jambes.
• Amélioration partielle ou totale par le mouvement, en particulier la marche ou les étirements. Les patients utilisent des ""remèdes" variés : tourner autour du lit, marcher pieds nus sur le carrelage, faire du vélo d'appartement, passer les jambes sous l'eau froide, faire des étirements.

Evolution

Le Sjsr est une maladie chronique dont les symptômes ont tendance à augmenter avec l'âge.

Traitement

Hygiène de vie et diététique

Supprimer les excitants : café, tabac, alcool.

Traiter les carences en fer, vitamines B12, folates, magnésium.

Exercices physiques (étirements des jambes, bicyclette stationnaire), bains chauds ou douches froides, massages, relaxation peuvent l'atténuer.

Médicaments

Le ropinirole (ADARTREL®), déjà utilisé dans les traitement de la maladie de Parkinson à une posologie très supérieure (maxi 24mg/j) a démontré son efficacité.

Posologie

La mise en route du traitement par ADARTREL® s'effectue à posologie progressive, ce qui impose l'exigeance d'un conditionnement spécifique avec de comprimés à 0,25 mg : on prescrit 0,25 mg/j les deux premiers jours. Si la dose est bien tolérés, elle sera augmentée à 0,5 mg une fois par jour pendant 5 jours.
A partir de la deuxième semaine, la dose quotidienne sera augmentée de 0,5 mg chaque semaine jusqu'à l'obtention d'une réponse thérapeutique optimale. La dose moyenne est de 2 mg/j en une seule prise vespérale avec un maximum de 4 mg/j.

Remboursement

Si l'AMM a été octroyée pour le traitement du syndrome des jambes sans repos idiopathique modéré à sévère, les conditions du remboursement à 65 % sont beaucoup plus restrictives :
• forme très sévère du Sjrs : patient présentant des perturbations importantes du sommeil et/ou un retentissement négatif notable sur la vie quotidienne, familiale, sociale et/ou professionnelle, et score IRLS ≥ 31
• cela sous condition que la prescription initiale ait été réalisée par un neurologue ou un médecin spécialiste exerçant dans un centre du sommeil.

Les effets indésirables sont essentiellement de nature dopaminergique : nausées (38 %), vomissements (13 %), sensations vertigineuses (12 %), somnolence (contre-indication de la conduite ou de l'utilisation de machines).

Association de patients

AFSJR
28 rue de la Montagne
45390 PUISEAUX
Tél – Fax : 02 38 34 32 80

Docteur Michel DAGUES-BIE
12 chemin de l'Ormeau
65000 TARBES


MOTS-CLES : Impatiences – Sjsr – Ekbom – Jambes – Repos – Ropinirole – ADARTREL® - DAGUES-BIE M.