Il s’agit
d’une chute de cheveux progressive et diffuse qui concerne la
partie médiane du crâne. Peu à peu les cheveux deviennent
à la fois moins nombreux et plus fins, et le cuir chevelu devient
de plus en plus visible et apparent. Ce type de chute peut survenir
assez tôt après l’adolescence. Le plus souvent cependant
cette alopécie se rencontre après 40 ans ou même
après la ménopause.
Le ou les mécanismes de ce type d’alopécie ne sont
pas parfaitement connus.
Elle pourraît correspondre à un épuisement des possibililtés
de renouvelllement du follicule pileux qui s’épuise avec
l’âge, avec donc de grandes variabilités
d’une femme à l’autre.
Parfois
il s’agit de la conséquence d’une baisse
des réserves de fer, même s’il n’y
a pas d’anémie. On peut dépister cette carence par
un dosage de ferritine dans le sang.
Il peut
aussi s’agir d’un trouble thyroïdien
que l’on dépistera en cas de chute de cheveux diffuse et
progressive par un dosage hormonal sanguin.
Ce type
d’ alopécie pourrait traduire en fait un excès de
fonction des androgènes féminins au niveau des follicules
pileux. On qualifie alors cette alopécie d’alopécie
androgénogénétique. Ce
terme d’ «androgénogénétique»
souligne l’intrication des facteurs génétiques et
des facteurs hormonaux. Les hormones en cause sont en fait les androgènes
que produisent chez la femme les ovaires et les glandes surrénales.
Ces androgènes peuvent être produits en quantité
excessive, mais le plus souvent il n’existe aucun trouble de leur
production. C’est en fait dans le cuir chevelu que l’action
de ces hormones est excessive, conduisant à une perte de cheveux
progressive. Celle-ci traduit un excès de sensibilité
du follicule pileux aux androgènes qui lui parviennent, androgènes
en quantité donc normale dans le sang. Cet hyperfonctionnement
est qualifié d’ « hyperandrogénisme ».
Il correspond à une sensibilité des follicules pileux
anx androgènes excessive, et qui est génétiquement
programmée.
C’est donc au dermatologue à faire le diagnostic de ce
type de chute de cheveux. Elle peut être le seul signe cutané
de l’excès de fonction des androgènes. Elle peut
parfois être associée à une acné sévère,
à un exces de poils (hirsutisme) chez la femme jeune, à
des troubles des règles (chez la femme avant la ménopause
bien sûr) et c’est plutôt dans ces cas que l’on
demande des dosages hormonaux à la recherche d’une anomalie
de la fonction des ovaires ou des glandes surrénales. Mais ces
dosages ne sont pas à réaliser quand la chute de cheveux
est isolée et après la ménopause. Les seuls dosages
utiles, quelque soit l’âge, sont le dosage de ferritine,
pour éliminer une carence en fer, et la recherche d’une
anomalie thyroïdienne.
Bien
sûr quand de telles anomalies existent, leur correction (prise
de fer ou traitement endocrinien) est indispensable pour obtenir l’arrêt
de la chute. Dans tous les autres cas, les solutions sont dermatologiques
et hormonales.
Les traitements
hormonaux qui peuvent être proposées en cas d’alopécie
féminine sont représentés par la prise d’antiandrogènes.
Ce sont des hormones (acétate de cyprotérone ou spironolactone)
qui empêchent l’action des androgènes naturels sur
le cheveu. C’est au dermatologue à les proposer, mais le
traitement doit être conduit sous surveillance gynécologique.
En effet, les gynécologues ont bien plus que les dermatologues
l’habitude de manier ces produits.
Les traitements
dermatologiques sont eux aussi indispensables. Il ne s’agit
pas de traitements hormonaux mais de différents produits qui
d’abord ralentissent la chute et ensuite aident à la repousse
du poil. Au premier plan de ces médicaments, les applications,
une ou deux fois par jour, de lotions anti-chute, en particulier celles
qui contiennent du minoxidil, et des produits, par voie buccale (micronutriments)
ou même par voie injectable : vitamine B5, biotine, vitamine B6,
cystine, cystéine, methionine, isoflavones, zinc…
Ces traitements
sont à conduire en association avec les traitements par antiandrogènes,
pendant de nombreuses années, car leur action n’est souvent
que suspensive. L’efficacité de ces produits est par ailleurs
très variable d’une femme à l’autre, ce qui
soulgne bien le caractère « génétique »
de ce type de chute de cheveux. Certaines de ces alopécies, quand
elles sont importantes et que les traitements n’ont pas commencé
suffisamment tôt, méritent aussi le recours à la
chirurgie des microgreffes capillaires qui donne, en
des mains expertes, de très bons résultats esthétiques.