L'adénofibrome représente
75 % des biopsies mammaires de la femme de moins de 20 ans [8].
Le risque de «
rater » un cancer du sein
Le risque de « rater » un
cancer du sein chez une femme de moins de 25 ans, chez qui un adénofibrome
a été diagnostiqué par examen clinique, échographie
mammaire et cytoponction, est de 1 sur 229 à 1 sur 700 [8]. Dans
sa série, Vetto [11] a montré qu'en cas de doute ou d'antécédents
familiaux, le triple test diagnostique modifié (examen clinique,
échographie mammaire à la place de la mammographie, cyto-ponction)
avait une valeur prédictive négative de cancer de 100
% chez l'adolescente et la femme jeune, quand tous les éléments
sont concordants et bénins.
L'angoisse de la
"boule intra-mammaire"
Selon Dixon [4], sur 202 patientes,
seules 7,9 % optent d'emblée pour l'exérèse. A
l'inverse, Alle [1] souligne que la plupart des femmes surveillées,
pour des raisons variées, finissent par souhaiter que leur tumeur
soit enlevée au bout d'un certain temps. Il est peut être
important de rappeler ici les résultats de Dupont [7] qui fait
des « adénofibromes complexes », par définition
diagnostiqués exclusivement par anatomopathologie après
biopsie-exérèse, un facteur de risque de cancer du sein
: le RR varie de 3,1 (1,9-5,1) sans antécédent familial
de cancer du sein à 3,72 (1,4-10) avec.
La question des
antécédents familiaux de cancer du sein
Une adolescente appartenant à
une famille à prédisposition génétique au
cancer du sein et/ou de l'ovaire doit être référée
à une consultation d'oncogénétique qui précisera
les modalités de surveillance et les indications thérapeutiques,
dans un cadre protocolaire en cours d'évaluation.
En dehors de cette situation, même en cas d'antécédent
familial de cancer du sein du premier degré (mère, soeur),
le risque de méconnaître un cancer associé à
un adénofibrome est extrèmement faible à cet âge.
Même chez des femmes plus âgées, l'incidence des
cancers évoluant à l'intérieur d'un adénofibrome
est très faible, variant entre 0,002 % et 0,0125 %, dont 50 %
de carcinomes lobaires in situ, la plupart diagnostiqués à
la quarantaine [8].
Un antécédent familial de cancer du sein, même du
premier degré, ne justifie donc pas de modifier chez une adolescente
l'arbre décisionnel de la figure 1, sauf si elle a déjà
été opérée d'une mastopathie à risque.
Principales indications
du traitement chirurgical
Le traitement chirurgical sera proposé
:
• S'il existe un doute sur la
certitude du diagnostic,
• Si un adénofibrome surveillé continue à
augmenter de volume et en particulier s'il dépasse trois à
quatre centimètres,
• S'il se modifie ou devient douloureux,
• Si c'est le choix, éclairé, de la jeune fille
(ou de ses parents, si elle est mineure), si la surveillance est impossible
ou si les antécédents familiaux génèrent
une angoisse insupportable.
Modalité
du traitement chirurgical
Le traitement chirurgical choisit l'incision
la plus esthétique possible, péri-aréolaire ou
sous-mammaire. Après la chirurgie qui résoud à
la fois le problème diagnostique, pronostique et thérapeutique,
la patiente rentre dans le cadre de la surveillance usuelle de la population
à son âge. Elle est prévenue de l'apparition possible
d'autres adénofibromes. Il lui sera précisé qu'en
l'absence d'antécédent familial, un adénofibrome
simple n'est pas un facteur de risque de cancer du sein ultérieur