La
résection hystéroscopique
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| Le
matériel
Le résectoscope
utilisé en gynécologie est dérivé du résecteur
utilisé en urologie. Le résectoscope comporte deux gaines,
une optique à 0° ou 12°, une poignée (active ou
passive), et une électrode. On utilise en général
pour la résection des fibromes sous-muqueux le résecteur
de 9 mm ; le résecteur de 8 mm est réservé aux
fibromes de petit diamètre (< 15 mm) ou au traitement des
patientes ménopausées qui présentent un col atrophique.
Le glycocolle
est le soluté d’irrigation de référence,
utilisé par le biais de la pression atmosphérique et le
poids de la colonne de liquide, ou de systèmes d'irrigation automatique
avec contrôle de la pression de remplissage.
La
résection hystéroscopique classique
Les résections
peuvent être effectuées sous anesthésie générale,
anesthésie loco-régionale, ou anesthésie locale
(bloc para-cervical à l'aiguille de Kobak).
Les temps
successifs d’une résection sont les suivants : dilatation
cervicale aux bougies, introduction du résecteur, inspection
de la cavité, évaluation de la lésion sous-muqueuse,
et résection proprement dite du ou des myomes. La résection
d’un fibrome repose sur une réduction progressive de son
volume par la création successive de copeaux au sein de la masse
myomateuse, copeaux qui sont évacués au fur et à
mesure de la séquence opératoire. Le geste est interrompu
lorsque la résection semble complète : restitution d’une
cavité normale, atteinte de la capsule du myome qui apparaît
« rose pâle ».
La résection
complète d’un volumineux myome intra-cavitaire ou d’un
myome profondément enchâssé dans le muscle est parfois
impossible en une seule séance. Il faut alors renoncer à
pratiquer une résection longue et dangereuse (la prudence recommande
de limiter le durée du geste opératoire à 45 ou
50 minutes), et évaluer les possibilités d’un complément
de résection 2 à 3 mois plus tard.
Le laser Nd : YAG
Les conditions
de réalisation sont celles de toute hystéroscopie opératoire,
par l’intermédiaire d’un hystéroscope rigide
ou souple. L’utilisation du laser en technique « sans contact
» (non touch) permet de dévasculariser le pédicule
ou la base du myome, puis la technique « au contact » (in
touch) permet de forer la masse myomateuse pour obtenir une myolyse
différée ; il est également possible de couper
le myome en plusieurs copeaux, qui sont récupérés
secondairement.
Cas particuliers : les fibromes pédiculés accouchés
par le col
Les myomes
pédiculés accouchés par le col sont directement
accessibles par voie vaginale. Le pédicule, s’il est mince,
n’offre aucune difficulté d’exérèse.
La section doit remonter jusqu’au pied de la tige, au besoin après
morcellement du myome au bistouri froid ou aux ciseaux. Une hystéroscopie
complémentaire permet de s’assurer de l’ablation
complète du pédicule. Si celle-ci a été
incomplète, elle peut être achevée grâce à
l’anse du résecteur.
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Indications
Les
myomes sous-muqueux hémorragiques
•
La technique de la résection endo-utérine trans-cervicale
est proposée en première intention comme traitement des
myomes sous-muqueux. A moyen terme (recul de 1-3 ans), les bons résultats
de cette technique s’établissent de 81 à 95%. A
long terme (recul supérieur à 5 ans), les bons résultats
s’établissent de 68 à 94% (1,2,3,4).
•
Les myomes de plus de 50 mm de diamètre et ceux dont l’extension
intra-murale est supérieure à 50% (5) sont difficilement
accessibles à un traitement au résecteur hystéroscopique.
Ces situations représentent les limites ou les contre-indications
au recours à l’hystéroscopie pour les myomes sous-muqueux,
et il est préférable de procéder à une myomectomie
par hystérotomie chirurgicale. Dans certaines situations «
frontière » (myomes de volume voisin de 50 mm), certaines
patientes après information complète préfèrent
bénéficier d’un traitement hystéroscopique.
Si l’indication d’hystéroscopie opératoire
est retenue pour un myome à forte composante intra-murale, la
mesure échographique pré-opératoire de la distance
bord externe du myome-séreuse utérine est recommandée
afin d’évaluer le risque de perforation ; les données
bibliographiques manquent pour confirmer l’intérêt
exact de cette recommandation. Les agonistes de la GnRH entraînent
après 2 à 3 mois de traitement une réduction de
volume du myome, ce qui peut faciliter la résection hystéroscopique.
Certains auteurs ont ainsi décrits grâce au traitement
pré-opératoire des résultats favorables après
résection de myomes volumineux (6) ou dont la composante intra-murale
était prédominante.
•
Lorsqu’une résection hystéroscopique de myome est
programmée, la patiente doit être informée :
- de
l’éventualité d’une résection complète
en 2 séances opératoires,
- des
taux d’échec (échec pouvant conduire à une
hystérectomie secondaire).
Les
myomes sous-muqueux symptomatiques chez les patientes ménopausées
Après
la ménopause, le problème de la conservation de l’utérus
se pose moins et une hystérectomie peut être proposée
d’emblée à la patiente. Toutefois, la morbidité
de l’hystérectomie est supérieure à celle
de la chirurgie hystéroscopique. Si l’on respecte les principes
énoncés dans le paragraphe précédent, la
résection hystéroscopique des myomes sous-muqueux appliquée
aux patientes ménopausées donne des résultats satisfaisants.
La résection endo-utérine des myomes sous-muqueux est
donc une méthode sure et efficace qui peut être étendue
aux patientes ménopausées (7).
Myome
sous-muqueux et infertilité
Le rôle
des myomes dans la genèse d'une infertilité reste très
discuté, car le plus souvent le myome fait partie d’un
ensemble multifactoriel. Les études disponibles qui décrivent
les taux de grossesses obtenus après résection hystéroscopique
de myome sous-muqueux présentent 2 lacunes majeures : la faiblesse
des effectifs (< 25 cas), et l’absence de prise en compte de
l’ensemble des facteurs d’infertilité. Même
s’il est difficile de tirer des conclusions définitives
à partir de ces publications, la résection endo-utérine
des myomes présente l'avantage considérable d'éviter
une hystérotomie, ce qui n'hypothèque pas l'avenir obstétrical
déjà incertain de ces patientes. Chez une patiente infertile,
un myome sous-muqueux de volume raisonnable ( < 5 cm) doit être
traité en première intention par résection hystéroscopique.
Intérêt
du traitement préparatoire par les agonistes de la GnRH
Les avantages
en hystéroscopie opératoire sont une réduction
du volume du myome, une diminution du saignement per-opératoire,
une amélioration de la vision, une réduction de la durée
de l’intervention. La durée du traitement pré-opératoire
ne doit pas excéder 3 mois (8). L’utilisation des agonistes
en complément de l’hystéroscopie opératoire
doit répondre à des indications précises (9) :
elle est inutile en cas de fibrome de petit volume.
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Contre-indications
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Si le(s)
myome(s) sous-muqueux est associé à un ou plusieurs myomes
interstitiels et/ou sous séreux de volume significatif, ne traiter
que le myome sous-muqueux risque d’aboutir à un échec
thérapeutique (1,2). De même, proposer un traitement hystéroscopique
chez une patiente porteuse d’un utérus globalement augmenté
de volume (par exemple, par une adénomyose diffuse associée)
expose à risque d’échec important.
Une suspicion
d’adénocarcinome de l’endomètre et une suspicion
de leiomyosarcome sont des contre-indications au traitement hystéroscopique
de la lésion endo-utérine.
Professeur
Ludovic CRAVELLO
Hôpital de la Conception
Service du Pr. Blanc
147 Boulevard Baille
13005 MARSEILLE |
Bibliographie
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and leiomyomas. Obstet Gynecol, 1991, 77, 591-594.
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Myomectomie hystéroscopique. Résultats fonctionnels avec
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