Les traitements
médicaux de l’hyperplasie de l’endomètre les
plus utilisés, en raison de leur efficacité et de l’absence
d’effets secondaires majeurs, sont les progestatifs.
Ces derniers
comportent cependant des inconvénients qui sont l’objet
de nombreuses polémiques actuelles :
•
le contrôle de l’endomètre est perfectible (spotting)
• ils sont peut-être responsables d’une baisse de
l’effet protecteur cardio-vasculaire des oestrogènes
lors du traitement hormonal substitutif de la ménopause
• ils ont peut-être un rôle néfaste dans
la carcinogénèse mammaire, soit directement (5), soit
indirectement, en augmentant la densité mammaire, ce qui a
pu être démontré sur des mammographies.
Pour ces
raisons, l’idée d’utiliser d’autres produits
apparaît logique. Nous passerons donc en revue plusieurs médicaments
anciens ou modernes qui ont une activité théorique sur
la croissance de l’endomètre et dont on pourrait imaginer
des applications thérapeutiques.
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Les
hémostatiques et les antifibrinolytiques
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Ils agissent
sur les conséquences de l’hyperplasie et non sur ses causes.
Leur action sur les VEGF (vascular endothelial growth factor) éclaire
d’un jour nouveau leur mécanisme d’intervention.
Les plus utilisés sont :
•
l’acide tranéxamique (Exacyl®) à la dose de
3 ampoules par jour par voie intraveineuse
• l’acide aminocaproïque (Hexalense®) en injection
intraveineuse, suivie de 4 ampoules buvables par jour
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Le
Danatrol
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Ce produit
est largement utilisé par les auteurs anglo-saxons à la
dose de 200 ou 400 mg par jour. Il est très atrophiant pour l’endomètre
et ses effets secondaires androgéniques et métaboliques
le rendent peu utilisable en clinique courante, surtout pour une pathologie
bénigne.
L’utilisation de dispositif intra-utérin ou de pessaire
chargé au Danatrol, évoqué il y a quelques années,
n’a pas fait l’objet de publication récente.
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Les
analogues de la LHRH
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Leur utilisation
apparaît théoriquement logique. Deux auteurs ont récemment
publié des résultats :
•
dans l’hyperplasie simple, la Triptoreline (Decapeptyl®),
utilisée sur 6 mois, permet une régression des hyperplasies
dans 86 % des cas (1,3)
• Dans l’hyperplasie atypique, avec un recul de 5 ans,
un auteur (4) a publié 84 % de régressions, mais la
Triptoreline était associée au Neta (acétate
de norethysterone).
Les effets
secondaires de ces traitements sont connus, en particulier lorsqu’ils
se prolongent. Rien n' indique qu’une « addback-thérapie
» aboutirait aux mêmes résultats.
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Les
phytoestrogènes
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Il s’agit
de groupes de produits à actions très différentes.
Il existe de nombreuses publications sur les isoflavones (soja : genistein)
:
•
l’action sur l’endomètre est plutôt favorable
(par diminution du taux d’oestrogènes tissulaire et par
contrôle de la mitose)
• l’action antitumorale se fait par un effet cytostatique
et une inhibition de l’angiogénèse.
Au total,
ces produits n’induisent pas d’hyperplasie, mais ne la corrigent
pas pour autant.
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Les
inhibiteurs de l'aromatase
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Ces produits,
utilisés en cancérologie mammaire, ne sont pas adaptés
à une pathologie légère comme l’hyperplasie
simple de l’endomètre. Ils réduisent la production
d’oestrogènes et ont été utilisés
avec succès dans des endométrioses sévères
(6). Les effets secondaires ne sont pas négligeables, en particulier
une forte diminution de la densité osseuse.
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Les
inhibiteurs de l'angiogénèse
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L’utilisation
de tels produits est en phase avec les concepts actuels concernant la
croissance de l’endomètre. En effet, la prolifération
cellulaire est corrélée à l’activité
angiogénique et à l’agressivité cellulaire.
Les inhibiteurs
de l’angiogénèse agissent de 3 façons :
•
inhibition de la liaison des facteurs angiogéniques aux récepteurs
des cellules endothéliales
• inhibition de la réponse des cellules endothéliales
à ces facteurs (endostatine)
• perturbation des interactions des cellules endothéliales
et de la matrice extracellulaire sous-jacente (Marimastat).
Il existe
des produits prometteurs utilisés en pathologie tumorale expérimentale
sur l’animal, (cellules tumorales humaines greffées à
la souris : Endostatine). Un autre produit de la même catégorie
est également utilisé en cancérologie humaine (ovaire,
prostate) : il s’agit du Marimastat qui est un inhibiteur des
métalloprotéases de la matrice extracellulaire.
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Le
Raloxifène (Evista®)
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Il s’agit
d’un SERM (selected estrogen receptor modulator) à action
anti-oestrogènique à la fois sur le sein et sur l’endomètre.
L’étude MORE (mutiples outcomes of raloxifene evaluation)(2)
a démontré de manière prospective chez les femmes
à haut risque d’ostéoporose que la prescription
de 60 mg par jour aboutissait à une diminution du risque relatif
du cancer de l’endomètre (RR = 0,8).
Il existe également un effet bénéfique sur le cancer
du sein lorsque les récepteurs aux oestrogènes sont positifs,
mais pas s’ils sont négatifs.
Enfin, les effets sur l’os sont positifs, mais au prix d’une
augmentation du risque thrombotique.
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La
Tibolone (Livial®)
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Ce produit
ancien, était très présent au dernier congrès
de l’IMS (international menopausal society) de Yokohama. Il n’entraîne
pas d’hyperplasie de l’endomètre, bien qu’il
augmente le flux des artères endométriales, il pourrait
être utilisé en addback-thérapie avec les analogues
de la LH-RH mais ses effets secondaires ne sont pas négligeables,
en particulier la prise de poids.
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Conclusion
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Le traitement
médical des hyperplasies de l’endomètre est efficace
et repose le plus souvent sur les progestatifs.
La meilleure connaissance actuelle de la physiologie de l’endomètre
ouvre des perspectives thérapeutiques nouvelles qui n’ont
pas, à ce jour, d’application clinique évaluée.
Professeur
Robert MAILLET
Clinique Universitaire de Gynécologie-Obstétrique et Biologie
de la Reproduction
CHU St Jacques
25030 BESANCON CEDEX
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Bibliographie
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