Généralités
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| Définition
Les polypes sont des excroissances localisées
de la muqueuse utérine, constituées de glandes et de stroma
autour d'un axe vasculaire comprenant une ou plusieurs artères
spiralées ; ils se rencontrent souvent dans un contexte de trouble
hormonal (dysovulation, insuffisance du corps jaune, hyperoestrogénie).
Fréquence
Environ 5%, chiffre obtenu à
partir des données de curetages ou de pièces d'hystérectomie.
Age
de survenue
A tout âge de la vie génitale.
Exceptionnels avant la puberté, ils peuvent se développer
après la ménopause, même tardivement (80 ans). L'âge
habituel de survenue des polypes se situe entre 30 et 60 ans, avec un
pic de fréquence entre 45 et 50 ans, période marquée
par un environnement hormonal instable favorisant également le
développement d'une hypertrophie de l'endomètre ou de
fibromes.
Macroscopie
Les polypes sont le plus souvent uniques
(80% des cas). Leur volume est très variable, de quelques millimètres
à une masse occupant toute la cavité utérine ;
ils mesurent en moyenne 2 cm de grand axe. Leur siège est habituellement
fundique, ou à la limite entre l'isthme et l'endocol. Les polypes
peuvent être sessiles ou pédiculés, avec un pédicule
généralement étroit. La consistance des polypes
est molle, semblable à celle de l'endomètre, mais il existe
des lésions mixtes qui peuvent simuler un fibrome : le diagnostic
est alors histologique car les explorations paracliniques préopératoires
ne permettent pas toujours de les différencier. Contrairement
au fibrome, le polype est une lésion purement intra-cavitaire,
sans composante intra-murale. |
| Histologie
L'épithélium glandulaire
qui recouvre l'axe vasculaire du polype subit les mêmes modifications
hormonales que l'endomètre et varie donc avec l'âge et
le statut hormonal de la patiente : il est adénomateux chez la
femme en période d'activité génitale, se transforme
en hyperplasie glandulo-kystique en péri-ménopause et
en atrophie glandulo-kystique à la ménopause. Chez les
patientes traitées par tamoxifène dans le cadre d'un cancer
du sein, on peut observer l'apparition de polypes endométriaux
(1,2,3). Le polype de l'endomètre n'est pas un facteur de risque
de cancer de l'endomètre. L'association de polypes bénins
avec un cancer de l'endomètre est rare : 0,55% (4,5).
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Symptomatologie
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La circonstance habituelle
de découverte des polypes endométriaux est l'apparition
de troubles du cycle en période d'activité génitale
(métrorragies, ménorragies, ménométrorragies,
spotting) et de métrorragies après la ménopause ou
sous hormonothérapie substitutive ; ils n'entraînent que
très rarement une spoliation sanguine responsable d'une anémie,
contrairement aux fibromes qui surviennent sur un terrain voisin et qui
peuvent être associés.
On les met parfois en évidence à l'occasion d'un bilan de
stérilité ou d'une échographie pelvienne de routine,
alors qu'ils étaient asymptomatiques.
La recherche d'un polype intra-cavitaire est conseillée après
la découverte lors de l'examen au spéculum d'un polype cervical,
surtout chez les patientes ménopausées (6). |
Examens complémentaires
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L'échographie
pelvienne par voie endo-vaginale
est l'examen de dépistage de référence. Le polype
apparaît sous la forme d'une structure arrondie ou oblongue, régulière,
hypoéchogène, en position intra-cavitaire, aussi bien
en coupe transversale que longitudinale. Certains remaniements peuvent
se traduire par une hyperéchogénicité. L'injection
de sérum physiologique dans la cavité (hystérosonographie)
augmente la qualité de l'exploration de la cavité utérine
(7,8,9) ; le diagnostic de polype de l'endomètre par hystérosonographie
est possible dans près de 9 cas sur 10.
L'hystérosalpingographie est rarement demandée
en cas de suspicion de polype de l'endomètre. Le polype se présente
comme une image lacunaire arrondie de siège variable ; le cliché
de profil permet de mettre en évidence un éventuel pédicule.
Il n'existe pas de déformation des bords de la cavité
utérine comme dans les cas de fibromes sous-muqueux.
L'hystéroscopie
diagnostique permet de confirmer
le diagnostic de polype de l'endomètre (10). Elle doit s'effectuer
en phase liquide sans recours à l'anesthésie. Les polypes
sont lisses, pédiculés et mobilisables, ou aplatis. Leur
aspect rappelle celui de l'endomètre environnant. L'hystéroscopie
permet d'en préciser la localisation, le volume, le nombre. Elle
explore avec précision le reste de la cavité (fibrome
associé, endomètre, isthme et endocol).
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Traitement |
La résection hystéroscopique est actuellement
reconnue comme le traitement de référence des polypes
de l'endomètre en raison de sa simplicité, de son efficacité,
et de son innocuité à condition de respecter les règles
de sécurité de la chirurgie hystéroscopique.
• La résection des polypes
est plus facile que celle des fibromes car, par définition, les
polypes endométriaux ne possèdent jamais de composante
intra-murale. Par ailleurs, leur volume est le plus souvent limité.
De ce fait, l'intervention hystéroscopique peut être réduite
dans sa durée, ce qui limite le risque de complications métaboliques.
De même, le petit volume habituel de la lésion permet l'utilisation
d'un résecteur de 8 mm, ce qui facilite la dilatation cervicale
(et ainsi diminue le risque de perforation). Pour ces raisons, le taux
de complications après résections de polypes est inférieur
à celui observé pour les résections de fibromes.
• La résection hystéroscopique
présente l'avantage de pouvoir retirer le polype en totalité
sous contrôle visuel et d'évaluer l'endomètre adjacent
; l'analyse histologique de cet endomètre, rendue possible par
la résection, permettra éventuellement d'adapter un traitement
médical secondairement. Par ailleurs, cette analyse est indispensable,
surtout chez la femme ménopausée, car la corrélation
entre l'aspect macroscopique et le résultat histologique peut
ne pas être strictement concordante.
• Dans certains cas, une endométrectomie
peut être associée devant la présence d'une muqueuse
hypertrophique, si l'on estime qu'elle participe à la symptomatologie
hémorragique.
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Résultats
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Les résultats fonctionnels après
résection hystéroscopique sont satisfaisants, avec une
morbidité très faible. Les principales séries donnent
les résultats suivants :
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Auteurs
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Année
|
n |
Recul |
Succès |
| Townsend
et coll. |
Obstet Gynecol 1993 |
42 |
- |
97,6
% |
| Cravello
et coll. |
Gynaecol
Endosc 1995 |
103 |
2 ans |
90 % |
| Maia
et coll. |
J Am Assoc Gynecol
Laparosc 1997 |
66 |
1 an |
100
% |
| Herman
et coll. |
Rev
Med Liège 1998 |
- |
4 ans |
95,4 % |
| Cravello
et coll. |
Eur J Obstet Gynecol
Reprod Biol 2000 |
195 |
5 ans |
80 % |
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Alternatives thérapeutiques
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| Le
curetage
De nombreux auteurs ont démontré
que le classique curetage (D&C des auteurs anglo-saxons) était
insuffisant pour traiter la totalité des polypes de l'endomètre
(11,12). En effet, le risque de laisser in situ tout ou partie du polype
après curetage est élevé (de l'ordre de 25%), d'où
possible récidive ou récurrence de la pathologie. La résection
sous contrôle visuel permanent (sauf complication per-opératoire)
élimine ce risque de traitement incomplet dans le cas des polypes.
L'hystérectomie
L'hystérectomie totale semble
un geste disproportionné pour traiter une pathologie endométriale
aussi fréquente que le polype bénin. Elle n'est indiquée
que si il existe une pathologie associée (utérine ou annexielle)
rendant illogique un traitement conservateur utérin.
Anomalies
histologiques
Dans un nombre restreint de cas (<
2-3 %), l'analyse histologique du polype peut retrouver des anomalies
histologiques que l'aspect macroscopique n'avait pas évoqué
(hyperplasie atypique ou plus rarement cancer). Le traitement spécifique
de la pathologie diagnostiquée est alors impératif (hystérectomie
+/- radiothérapie).
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LES
POLYPES - ELEMENTS A RETENIR
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Pathologie bénigne de
l'endomètre très fréquente
Age moyen de survenue : 45-50 ans
Responsables d'hémorragies génitales ou asymptomatiques
Diagnostic : échographie - hystérosonographie /
hystéroscopie
Traitement : résection endo-utérine
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Docteur
Ludovic CRAVELLO
Hôpital Conception
Service du Professeur BLANC
147 Boulevard
Baille
13005 MARSEILLE
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Bibliographie
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- Nuovo MA.
: Endometrial polyps in post menopausal patients receiving tamoxifen.
Int J Gynecol Pathol 1989 ; 8 : 125-131.
- Corley D., Rowe J., Curtis
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