Mycose
mixte
On se trouve soit face à une mycose entretenue par
l'existence d'un pathogène avéré (Chlamydia
trachomatis), soit à un trouble de l'écosystème
vaginal (Candida + germes anaérobies, Candida
+ streptocoques, Candida + coli).
• Dans le premier cas, le traitement
simultané de la mycose et de l'autre pathogène permet
d'éliminer le facteur favorisant la récidive mycosique
(modifications inflammatoires et immunitaires locales liées
à la présence du pathogène méconnu). Dans
ce cas, penser en particulier à la possible association avec
des lésions cervicales à HPV qui peuvent modifier les
conditions immunitaires locales et favoriser ainsi les récidives
mycosiques.
• Dans le second cas, un traitement
correcteur de l'écosystème vaginal (cf fiche vaginose
récidivante) devra être instauré après
un traitement ponctuel de l'épisode mycosique en cours.
La piscine, la plage ou les bains
de mer ne sont pas contre-indiqués
et ne sont généralement pas pourvoyeurs de mycoses génitales
sauf si la patiente conserve un maillot mouillé après
le bain. En cas d'irritation vulvaire liée aux détergents
contenus dans l'eau, on pourra conseiller l'application préventive
d'un topique vulvaire avant le bain (onguent BEPANTHENE® par exemple).
Les sous-vêtements en tissu synthétique ou les pantalons
ou sous-vêtements serrés augmentent la chaleur et l'humidité
locale, facteurs favorisants de la pathogénicité de la
levure. Il est conseillé de les éviter jusqu'à
normalisation de l'état vaginal.
Les protège-slips présentent également un inconvénient
majeur en utilisation quotidienne : ils assèchent la vulve, la
privant de son film hydro-lipidique protecteur et aggravent ainsi l'inflammation
vulvaire. Ils doivent être proscrits en dehors de la période
de règles.
Le stress joue un rôle non négligeable dans
le déclenchement des infections génitales récidivantes
et, en particulier, les mycoses. Lors du stress, le cerveau produit
des ß-endorphines qui ont une action très délétère
sur les défenses immunitaires locales et favorisent ainsi les
récidives infectieuses. La prise en charge psychologique peut
donc s'avérer utile, simultanément au traitement de fond.
Elle peut être entreprise par le médecin traitant ou par
un spécialiste.
Le choix des produits d'hygiène quotidienne est fondamental. L'interdiction
de douches vaginales doit être clairement formulée. On
s'adressera à des produits qui respectent la trophicité
vulvaire et présentent un certain pouvoir apaisant. On n'omettra
pas de faire préciser l'utilisation éventuelle de déodorants
ou de parfums locaux. Si oui, ces derniers devront être abandonnés
temporairement.
Les rapports sexuels
ne sont pas interdits tant qu'ils sont bien supportés.