FICHE D'INFORMATION

L'insémination intra-utérine avec sperme de conjoint
 

L'insémination intra-utérine avec sperme de conjoint a pour but de déposer le sperme directement dans la cavité utérine pour augmenter les chances de rencontre entre l'ovocyte (cellule reproductive de la femme) et les spermatozoïdes (cellules reproductives de l'homme).

Pourquoi une insémination

Normalement, à chaque cycle, et au moment de l'ovulation, un ovocyte est libéré par l'ovaire dans l'une des trompes. Après un rapport sexuel, les spermatozoïdes remontent à partir du vagin, traversent le col de l'utérus, et un seul spermatozoïde viendra pénétrer dans l'ovocyte pour le féconder. Cette fécondation se fait dans la trompe, et ensuite l'embryon ainsi constitué viendra se nider dans l'utérus.

Fécondation normale

L'insémination intra-utérine avec sperme de conjoint (IIU) pourra être choisie pour faciliter la rencontre entre l'ovocyte et le spermatozoïde dans quatre principales circonstances :

• Anomalie du col de l'utérus ou de la glaire sécrétée par celui-ci, qui peut faire barrage au passage des spermatozoïdes
• Anomalie de la qualité du sperme, qui peut être améliorée par le biologiste
• Certains problèmes d'éjaculation
• Ou échecs répétés de stimulation simple de l'ovulation.

 
Les formalités administratives de l'insémination

Les lois de bioéthique encadrent strictement les techniques d'insémination. Elles garantissent une transparence et une information complète sur les taux de succès, les contraintes de cet acte, et sur toutes les autres possibilités qui s'offrent à vous.

Cette technique est réservée à des couples vivants au moment de l'acte, et en âge de procréer. Elle concerne :

• Soit les couples mariées
• Soit les couples concubins pouvant faire la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans.

Des démarches administratives sont nécessaires :

• Certificat de vie commune à vous procurer auprès de votre mairie ou photocopie du livret de famille
• Demande d'exonération du ticket modérateur pour une prise en charge à 100 % par votre caisse de sécurité sociale
• Demande d'entente préalable pour les actes cliniques et biologiques
• Formulaire signé par les deux conjoints signifiant leur consentement, qui sera renouvelé avant chaque cycle d'insémination.

Le guide des bonnes pratiques en assistance médicale à la procréation (article R184-1-11 de la loi de bioéthique) recommande de ne pas faire plus de six inséminations intra-utérine avant d'envisager une autre technique d'assistance médicale à la procréation (AMP).

 
Comment procède t-on ?

Les examens préalables à l'insémination

Bien entendu, un bilan complet sera réalisé avant la décision d'IIU pour vérifier les chances de succès :

• Chez la femme, hystérographie pour contrôler l'utérus et la perméabilité des trompes, et prise de sang pour disposer d'un bilan hormonal et dépister certaines maladies virales.
• Chez l'homme, analyse du sperme pour déterminer s'il est apte à féconder l'ovocyte, et prise de sang pour dépister certaines maladies virales.

La phase de stimulation et le déclenchement de l'ovulation

Pour obtenir les meilleurs résultats, un traitement consistant à stimuler légèrement l'ovaire permettra de synchroniser l'insémination avec la période où la fécondité est maximale. La surveillance de ce traitement sera assuré par une échographie associée en général à des dosages hormonaux dans le sang (taux d'oestradiol). C'est le monitorage qui sera renouvelé autant de fois qu'il sera nécessaire. Les jours du cycle sont calculés à partir du 1er jour des règles (1er jour des règles = 1er jour du cycle).

Lorsque le ou les follicules qui contiennent l'ovocyte auront atteint la bonne taille, et que le taux d'oestradiol est suffisant, l'ovulation est déclenchée par une injection d'hCG dont il est important de respecter l'horaire, car il détermine l'heure de l'insémination, qui aura lieu le surlendemain de cette injection, soit 36 à 38 heures après le déclenchement de l'ovulation.

Le déroulement de l'insémination

Le matin de l'insémination, votre conjoint devra se rendre au laboratoire spécialisé et agréé par le Ministère de la Santé. Une courte abstinence sexuelle de 2-3 jours est recommandée. Le recueil se fera au laboratoire, et le sperme sera alors analysé et préparé par le biologiste.

Quelques heures après le recueil, la préparation est mise à la disposition du gynécologue qui procédera à l'insémination intra-utérine. Le transport éventuel du sperme doit être réalisé rapidement, et sans exposition au froid.

L'insémination est réalisée au moyen d'un cathéter à usage unique, très souple et très fin, relié à la seringue qui contient le sperme préparé. Il est introduit dans la cavité utérine, la patiente étant allongée en position gynécologique. Le volume injecté est de l'ordre de 0,3 à 0,5 ml. Cette insémination qui passe par les voies naturelles est indolore.
Le cathéter est ensuite délicatement retiré, et après quelques minutes de repos on pourra reprendre une activité normale.

Insémination intra-utérine

Après l'insémination, votre gynécologue pourra être amené à vous proposer un traitement pour faciliter la nidation. Il s'agit de progestérone, qui pourra être prescrite sous forme de comprimés à avaler ou d'ovules à placer au fond du vagin.
Un test de grossesse sera réalisé au laboratoire de biologie quinze jours après l'insémination intra-utérine, même si des saignements ou des règles apparaissent entre temps. Si ce test s'avère positif, il faudra :

• Appeler votre gynécologue pour l'avertir de ce résultat et prendre rendez-vous
• Refaire le test 72 heures après et au même laboratoire pour juger de la bonne évolutivité de la grossesse.

 
Quels sont les résultats attendus ?
Les chances d'obtenir une grossesse se situent entre 10 et 15 % par cycle de traitement, et les chances pour une femme de moins de 37 ans de donner naissance à un enfant après six cycles d'insémination intra-utérine est d'environ 50 %.
Quelle que soit l'issue de la tentative, le biologiste doit en être informé afin de fournir ses résultats annuels aux autorités de santé publique.
 
Quels en sont les risques ?

La première complication possible est l'hyperstimulation ovarienne qui se manifeste par des douleurs, une augmentation de volume de l'abdomen, parfois accompagnée de fièvre et de malaises. Vous devez alors contacter immédiatement le médecin qui vous a prescrit ce traitement.

L'autre risque est celui d'une grossesse multiple, si le déclenchement est provoqué alors qu'il existe de nombreux follicules.

Enfin, l'IIU n'élimine pas les complications naturelles de la grossesse, qui sont les grossesses extra-utérines, les fausses couches spontanées et les malformations fœtales.

 
Quelles sont les autres possibilités en cas d'échec ?

L'insémination intra-utérine avec sperme de conjoint a été choisie par votre médecin, car c'est la solution la plus simple pour traiter votre problème d'infertilité. En cas d'échec, il pourra vous proposer une autre technique, telle que la fécondation in vitro (FIV) , avec ses différentes variantes.

Enfin, vous devez savoir que les possibilités d'adoption existent (pour les couples mariés ou pour une personne célibataire), et qu'elles peuvent vous permettre de construire votre famille.

Vous vous posez sans doute encore de nombreuses questions,
votre médecin est là pour y répondre et vous aider à réussir.

Fiche réalisée par le Docteur Michel DAGUES-BIE, avec le soutien iconogaphique du laboratoire SERONO.


MOTS-CLES :
DAGUES-BIE – IIU – IAC - Inséminations - Stérilité - Infertilité - AMP - PMA