Le
polype endométrial : anomalie localisée de la
muqueuse endométriale, il s'agit d'une lésion strictement
intra-cavitaire, responsable de ménométrorragies. Suspecté
sur l’échographie pelvienne, le diagnostic repose sur l'hystéroscopie
diagnostique et/ou l’hystérosonographie.
L'endométrite
: elle se rencontre dans des circonstances évocatrices (post-partum,
post-abortum, post-hystérographie). Les hémorragies génitales
sont associées à une hyperthermie, des douleurs pelviennes
spontanées et augmentées par la mobilisation utérine,
des leucorrhées purulentes. Le diagnostic repose sur les prélèvements
bactériologiques. Bien qu'exceptionnelle, la tuberculose génitale
doit être toujours être évoquée, en particulier
chez les migrantes non vaccinées par le B.C.G. Le diagnostic,
soupçonné par l'hystérographie, est affirmé
par la recherche du bacille de Koch sur une biopsie d'endomètre.
Le
cancer de l'endomètre : il se rencontre dans de près
de 15% des cas chez des patientes non ménopausées. Dans
les formes précoces, l'échographie pelvienne attire l'attention
si l'épaisseur de l'endomètre est anormalement augmentée
pour la période considérée du cycle menstruel.
Les explorations complémentaires indispensables sont l'hystérographie
et/ou l'hystéroscopie. Le diagnostic positif repose sur le curetage
biopsique. L'IRM pelvienne permet d'évaluer l'infiltration en
profondeur du myomètre, qui est des éléments pronostiques
essentiels.
L'endométriose
utérine ou adénomyose : pénétration
de glandes endométriales et de chorion cytogène à
l'intérieur du myomètre, c'est une affection fréquente
qui se rencontre habituellement sur le terrain suivant : patientes de
plus de 35 ans, multipares, au passé gynécologique chargé
(avortement spontané ou provoqué avec curetage, manoeuvres
endo-utérines lors d'un accouchement hémorragique, chirurgie
utérine). La symptomatologie associe dysménorrhée
et ménométrorragies. L'hystérographie montre des
signes pathognomoniques (diverticules de calibre variable) ou indirects
(tuba erecta, rigidité des bords utérins). Les performances
actuelles de l’échographie vaginale et du Doppler permettent
dans un grand nombre de cas d’évoquer le diagnostic.
Le
stérilet : les hémorragies peuvent être
liées à un déplacement du dispositif intra-utérin,
à une endométrite, à une augmentation de la synthèse
locale des prostaglandines. Il s'agit là d'un diagnostic d'élimination.
Les causes annexielles
L'exploration
paraclinique des annexes repose essentiellement sur l'échographie
pelvienne, parfois complétée par un scanner ou une IRM.
Les anomalies échographiques conduisent selon le contexte à
la visualisation directe des lésions annexielles par la coelioscopie
(± laparotomie).
La
salpingite aiguë : les infections génitales hautes
(germes responsables : chlamydiae, mycoplasmes, infections polymicrobiennes)
se traduisent par des métrorragies souvent peu abondantes, des
douleurs pelviennes, un état fébrile. Doivent être
pratiqués un bilan infectieux (prélèvements bactériologiques,
NFS, VS, sérologies), une échographie, une coelioscopie
(qui est particulièrement indiquée chez les patientes
nullipares).
Le
cancer de la trompe est une pathologie rarissime (0,1 à
0,5% des cancers génitaux de la femme).
Les
tumeurs de l'ovaire : les métrorragies sont très
inconstantes. Elles se rencontrent surtout dans les tumeurs endocrines.
Le bilan paraclinique (échographie endo-vaginale avec Doppler,
marqueurs plasmatiques, éventuellement IRM pelvienne) doit s'efforcer
de distinguer les kystes fonctionnels, les kystes organiques bénins
et les lésions malignes dont la prise en charge thérapeutique
est différente.
Une altération
permanente ou accidentelle de l'endomètre provoquée par
un déséquilibre hormonal est à l'origine de ces
hémorragies. Elles constituent un diagnostic d'élimination
que l'on doit évoquer après s'être assuré
par l'examen clinique et le bilan paraclinique de l'absence d'étiologie
organique (échographie pelvienne et hystéroscopie diagnostique
normales). Elles se rencontrent préférentiellement en
période pubertaire, dans la préménopause et dans
les cycles anovulatoires (dystrophie ovarienne). Les hémorragies
fonctionnelles peuvent être :
•
contemporaines de l'ovulation : "règles de quinzaine",
peu abondantes.
•
prémenstruelles : en rapport avec une insuffisance de sécrétion
progestéronique. Les cycles sont courts, le syndrome prémenstruel
constant.
•
postmenstruelles : liées à une sécrétion
oestrogénique insuffisante en début de cycle.
Par analogie,
retenons les hémorragies utérines iatrogènes, induites
par un traitement mal équilibré :
•
oestroprogestatifs : arrêt prématuré de la pilule,
pilule à faible teneur en oestrogènes.
•
progestatifs : spotting sous pilule progestative minidosée
continue.
•
anticoagulants par anti-vitamines K ou héparine (toujours éliminer
une lésion organique).