Les causes organiques, bien que
rares, imposent un bilan complet :
Grossesse
En premier lieu, il est impératif
d'éliminer formellement une grossesse. Le dosage plasmatique
d'hCG occupe donc une place fondamentale au moindre doute.
Causes générales
Les hémorragies péripubertaires
sont un mode fréquent de révélation d'une cause
générale :
• Troubles de la crase
sanguine : maladie de Willebrand, thrombasthénie de Glanzmann
;
• Hémopathie
maligne ;
• Hypothyroïdie.
Toute métrorragie à
cet âge implique donc la réalisation d'un hémogramme
et d'un bilan de coagulation.
Les causes gynécologiques sont les suivantes :
• Cause infectieuse : vulvo-vaginites
à germes non spécifiques, parfois en rapport avec la présence
d'un corps étranger ;
• Ectropion infecté
du col.
• Tuberculose génitale
(très rare) ;
• Tumeurs bénignes
: polypes muqueux du col utérin, kystes vaginaux ;
• Tumeurs malignes
: sarcome botryoïde, tumeur de l'ovaire.
Une place particulière
doit être réservée aux lésions du syndrome
du Distilbène : adénose vaginale et adénocarcinome
à cellules claires.
• L'adénose vaginale
: elle se définit par la présence d'îlots d'épithélium
glandulaire de type cylindrique en plusieurs points du vagin. Cette
affection est plus fréquente chez les filles nées de
mères ayant pris des oestrogènes de synthèse
(diéthylstibestol ou DES ou Distilbène) en début
de grossesse. Le risque est alors multiplié par 50. L'examen
clinique retrouve un diaphragme vaginal haut situé, des zones
érythémateuses vaginales, parfois polypoïdes, d'aspect
glandulaire en colposcopie. L'évolution peut se faire vers
la régression spontanée vers l'âge de 25 ans.
Les relations avec l'adénocarcinome à cellules claires
sont imprécises.
• L'adénocarcinome
à cellules claires : sa fréquence est estimée
de 0,014 à 0,14% chez les femmes exposées in utéro
au DES. Il se développe au niveau du vagin dans 2/3 des cas
(tiers supérieur de la paroi antérieure essentiellement)
et du col dans 1/3 des cas. La lésion est polypoïde ou
nodulaire, molle, hémorragique et friable. La fréquence
des métastases ganglionnaires explique la gravité de
ces tumeurs chez l'adolescente.
On
ne retrouvera presque jamais de cause organique et on posera par élimination
le diagnostic d'hémorragie fonctionnelle.
Elles
sont les plus fréquentes à la période pubertaire
: les métrorragies sont liées à une immaturité
du système nerveux central qui n'assure pas encore les décharges
cycliques de stimulines hypophysaires. Les saignements correspondent
à une dysovulation ou une anovulation. On peut ainsi observer
:
•
une insuffisance lutéale majeure, avec desquamation anarchique
de l'endomètre :
• une atrophie de l'endomètre par absence totale de sécrétion
hormonale.
• Le bilan paraclinique repose sur la courbe ménothermique
qui précise les anomalies du cycle (aspect monophasique), les
dosages hormonaux (insuffisance de sécrétion de progestérone),
et une échographie pelvienne.
Bien
entendu, le diagnostic d'hémorragie fonctionnelle reste un diagnostic
d'élimination, au terme d'un examen soigneux.