Elles reposent sur l'inspection
et surtout la palpation du cou en 2 situations :
• Patient assis, cou légèrement
anté-fléchi, examinateur en arrière du patient
et palpant attentivement la région cervicale antérieure
entre le cartilage cricoïde et le creux sus sternal à l'aide
de 2 doigts de chaque main en faisant déglutir le patient et
en palpant attentivement les chaînes ganglionnaires jugulo-carotidiennes
bilatérales.
• La palpation doit se faire également
chez un patient en décubitus dorsal, le cou en hyper extension
c'est-à-dire en position d'échographie ou de scintigraphie
thyroïdienne.
Les éléments de suspicion
clinique de malignité devant un nodule thyroïdien découvert
isolément en sont :
• la consistance dure, pierreuse
du nodule, dont la surface à la palpation est irrégulière,
• une fixité du nodule
à l'axe trachéal,
• l'association d'une adénopathie,
• l'association d'une paralysie
récurentielle,
• la notion d'une croissance rapide
du nodule palpé,
• le contexte et l'anamnèse
:
- antécédents de
radiothérapie cervicale,
- antécédents d'un
autre cancer traité et même apparemment guéri de
longue date,
- découverte du nodule dans un contexte de métastases
existantes, en particulier pulmonaires ou osseuses,
- l'existence d'un contexte familial de cancer thyroïdien médullaire,
- l'existence d'un contexte familial
ou géographique de pathologies thyroïdiennes connues.
Au terme de cet examen clinique orienté
évidemment sur le risque néoplasique, cette évaluation
n'emporte évidemment pas une certitude mais permet d'aborder
de façon intelligente les examens complémentaires qui
seront demandés.
Avant de les situer, rappelons que le
risque néoplasique ne doit pas être obsessionnel et qu'il
est important de rechercher cliniquement des éléments
globaux en faveur d'une dysthyroïdie qu'il s'agisse d'une hyperthyroïdie
(tachycardie régulière, moiteur des mains, amaigrissement,
tremblements... etc...) ou d'une hypothyroïdie (fatigabilité
accrue, lassitude, frilosité, bradycardie... etc...).
L'attitude clinique est-elle différente
s'il y a découverte de plusieurs nodules ? Non à
ceci près que l'impression clinique va plus dans le sens de la
bénignité, ce qui amène finalement à écrire
qu'individuellement rien en la matière ne remplacera jamais le
sens clinique fait d'habitude, d'expérience et d'intuition.
Au terme que doit faire un gynécologue
confronté à la question posée ?
Trois examens lui sont utiles :
• l'échographie thyroïdienne
• la scintigraphie
• la cytologie thyroïdienne obtenue par cytoponctions
L'échographie
thyroïdienne
Ses avantages en sont : sa simplicité,
la rapidité, son caractère non invasif, son haut pouvoir
de résolution, en particulier avec les appareillages actuels
(autour du millimètre), avec comme rançon la mise en évidence
de micro-nodules ce qui ne simplifie pas la tâche.
L'échographie a l'intérêt
de pouvoir guider les cytoponctions. Elle a l'intérêt de
permettre l'étude écho-doppler de la vascularisation du
nodule.
A elle seule, l'échographie ne
peut fournir que des arguments de présomption et non de
certitude vis à vis du caractère bénin ou malin
du nodule thyroïdien. Il n'est évidemment pas question ici
d'analyser finement la sémiologie échographique du nodule.
Il suffit de rappeler les critères de malignité à
savoir un nodule solide, hypoéchogène, dont les contours
sont peu nets avec la présence de micro calcifications et en
plus l'existence ou non d'adénopathies satellites. Aucun de ces
éléments pris isolément n'est pathognomonique.
Signalons qu'un tiers seulement des
nodules cliniquement isolés restent solitaires après échographie
y compris pour des nodules supérieurs à 1 cm de taille,
mais étant en situation postérieure. Devant une thyroïde
multi-nodulaire il est dit que la fréquence du cancer y serait
faible, il s'agit d'un sujet qui est actuellement mis en doute.
Pour ce qui est des micro nodules thyroïdiens
infracliniques et de découverte échographique, l'histoire
naturelle n'en est pas connue. Le risque néoplasique n'y est
pas nul et bien entendu ici comme ailleurs, le risque zéro n'existe
pas.
En cas d'abstention chirurgicale, et
de surveillance, avec ou sans traitement freinateur, le rôle de
l'échographie est essentiel puisque c'est elle qui va permettre
de rechercher une modification d'échostructure, une augmentation
de volume d'un nodule connu, ou encore l'apparition d'un nodule hypoéchogène
au sein d'un goitre avec donc l'écho-guidage qui permettra d'effectuer
les cytoponctions de toute zone qui apparaîtrait suspecte sur
cette surveillance.
La
scintigraphie thyroïdienne
Il s'agit d'un examen anodin, dont la
seule contre-indication est une grossesse certaine ou suspectée.
Son intérêt essentiel en est l'étude de la fonctionnalité
des nodules, permettant de préciser s'il s'agit d'un nodule
froid ou hypofixant de même signification. Un nodule
isofixant pose actuellement des problèmes non résolus
quant au risque néoplasique.
Il peut s'agir d'un nodule hyperfixant, autonome, éteignant
le reste du parenchyme thyroïdien, c'est ce que l'on appelle un
« nodule toxique », ou n'éteignant pas le
reste du parenchyme thyroïdien, ce nodule est dit simplement «
chaud ». Le risque du cancer n'est pas plus important ici
que sur une thyroïde normale.
L'isotope utilisé est soit l'iode 123, soit le Pertechnate 99
m. Les avantages du Pertechnate 99 m en sont : son coût faible
et sa disponibilité, ses inconvénients sont d'être
moins performant. Les discordances entre les 2 peuvent être par
exemple un nodule isofixant au Pertechnate et froid au radio-iode.
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En pratique, sauf exception,
un nodule chaud donc ne pose aucun problème néoplasique,
seul un nodule froid ou hypofixant ramène le débat.
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