Ce sont des molécules
qui inhibent directement de façon compétitive la
liaison de la DHT aux récepteurs aux androgènes.
Sont utilisés l'acétate de cyprotérone et
la spironolactone.
L'acétate de cyprotérone
(CPA), progestatif le plus puissant de la classe des 17 OH progestérone,
est le seul anti-androgène à être aussi anti-gonadotrope
(c'est à dire bloquant l'ovulation). Il diminue donc les taux
circulants d'androgènes. Il est commercialisé sous le
nom d'Androcur®, 1 comprimé = 50 mg de CPA.
La spironolactone
(Aldactone® comprimés à 50 ou 75 mg ou générique),
de structure voisine de celle de la progestérone, se lie préférentiellement
aux récepteurs minéralo-corticoïdes, mais aussi aux
récepteurs à la progestérone et aux récepteurs
aux androgènes. Elle n'a pas d'effet anti-gonadotrope.
L'acétate
de cyprotérone en pratique
Schémas
de prescription
Le schéma le plus utilisé
actuellement est simple et facilite donc l'observance quelque
soit l'âge de la femme. On associe, chaque jour, et ceci
20 jours sur 28, un comprimé d'Androcur® 50 mg à
un estrogène naturel. Le choix de la voie d'administration
de l'estrogène dépendra de l'état métabolique
et/ou de la préférence de la femme. Le début
du traitement se fera le premier jour des règles (déclenchées
éventuellement par un progestatif). L'arrêt n'excédera
jamais huit jours même s'il y a aménorrhée,
ceci afin d'assurer l'efficacité contraceptive. L'Androcur®
est le seul anti-androgène a avoir l'AMM en France pour
« hirsutisme sévère », ce qui permet
son remboursement.
Tolérance
L'effet secondaire le plus
fréquent est représenté par les troubles
du cycle. Ces troubles du cycle existent dans 60 % des cas,
aménorrhée ou oligoménorrhée permanente
ou intermittente. Plus rarement, spottings d'intensité
variable, c'est à dire petits saignements. Ces anomalies
des règles sont provoquées par l'atrophie endométriale,
dose et femme dépendante due à la prise de CPA,
atrophie réversible à l'arrêt du traitement).
Si les troubles du cycle ne
peuvent être acceptés psychologiquement, et si l'état
métabolique de la femme le permet, on peut prescrire Diane
35® (pilule associant 35 γ d'ethinylestradiol et 2
mg de CPA) associée les quinze premiers comprimés
à Androcur® (1/2 à 1 comprimé). La contraception
est alors assurée par Diane 35® ce qui permet de moduler
la dose d'Androcur®. La prise d'Androcur® limitée
à 15 jours permet de diminuer les troubles du cycle.
La tolérance métabolique
de l'Androcur® administré au long cours à la
dose de 1 comprimé par jour est excellente. Contrairement
aux idées reçues, la prise de poids est exceptionnelle.
La
spironolactone en pratique
Schéma de prescription
La dose efficace est de 75
à 100 mg par jour. La spironolactone entraîne des
troubles du cycle par insuffisance lutéale ; on lui associe
donc un progestatif non androgénique 10 jours par mois,
ou une pilule estro-progestative si une contraception est souhaitée.
Tolérance
Outre les troubles du cycle,
la spironolactone peut entraîner des nausées, une
asthénie et une pollakiurie. Ces effets secondaires sont
en fait rares, à la dose de 100 mg/jour. Ils sont variables
d'une femme à l'autre. Un effet tératogène
n'a été décrit qu'à très forte
dose (400 mg/jour) ce qui explique que la contraception ne soit
pas obligatoire.
Indications
La spironolactone est particulièrement
utile dans toutes les situations où les estrogènes,
même naturels, sont contre-indiqués. Elle peut être
intéressante aussi chez la très jeune adolescente.
Sa prescription en cas d'hirsutisme est hors AMM
en France, donc elle ne peut être remboursée.
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