| La
cotation C2 est définie par l’article 18 des dispositions
générales de la NGAP, qui a été modifié
par le
texte conventionnel (article 1.2.2) qui introduit à la fois des
restrictions et des ouvertures par rapport aux modalités antérieures.
Quelques
règles essentielles
• Le
médecin consultant reçoit le patient à la demande
explicite du médecin traitant.
Il s’agit du médecin traitant au sens de la convention, c'est-à-dire
que le C2 n’est pas applicable quand le patient est adressé
par un autre spécialiste (sauf dans les cas exceptionnels ou ce
spécialiste a été choisi comme médecin traitant
par le malade).
• Le
médecin consultant ne donne pas de soins continus mais laisse au
médecin traitant la charge de surveiller l'application de ses prescriptions.
- La cotation C2 ne permet donc pas de rédiger des ordonnances.
- Par contre, le médecin spécialiste peut faire les actes
techniques nécessaires à l'élaboration de son avis
ponctuel de consultant, c'est-à-dire qu’il est possible au
décours de la consultation de programmer par exemple une épreuve
d’effort, une fibroscopie …. Il s’agit là de
la traduction dans le texte conventionnel d’une décision
de la Cour de Cassation (arrêt du 23 janvier 1997).
• Le
médecin correspondant s'engage à adresser au médecin
traitant ses conclusions et propositions thérapeutiques et de suivi.
Il doit donc y avoir une lettre adressée au médecin traitant.
• Règle
des six mois :
- Le médecin consultant ne doit pas avoir reçu le patient
dans les 6 mois précédant la consultation.
- Il ne peut pas coter de C2 s’il doit revoir le patient dans les
6 mois suivants. Commentaire : cela signifie que si le spécialiste
souhaite revoir en consultation le patient de façon rapprochée
(exemple : contrôle d’un traitement), le C2 est exclu.
- Une exception est prévue dans le texte conventionnel pour un
deuxième C2 dans le délai de 6 mois, mais le médecin
traitant doit en informer au préalable le contrôle médical
de la caisse.
• Le
C2 est accessible à tous les spécialistes, quelle
que soit leur filière de formation (anciens internes de C.H.U.
ou titulaires d'un certificat d'études spécialisées)
• Prise
en charge protocolisée et séquence de soins :
Le C2 n’est pas applicable lorsqu’un rythme de Consultations
spécialisées est prévu dans le protocole ALD, et
si le patient vient consulter dans le cadre de ce protocole.
De même en cas de séquences de soins nécessitant l’intervention
successive de plusieurs intervenants sans passage par le médecin
traitant (exemple médecin traitant → Chirurgien → Anesthésiste
→ cardiologue pour bilan pré opératoire).
Quelques
questions
Le
malade doit-il disposer d’une lettre du médecin traitant
?
• Le texte conventionnel notifie que la consultation de consultant
doit être faite « à la demande explicite du médecin
traitant » mais n’est pas limitatif sur les formulations de
cette demande.
• En pratique, plusieurs situations sont rencontrées :
- Le malade prend son rendez-vous avec une lettre de demande de consultation
de son médecin, ce qui est le plus courant.
- Le médecin traitant téléphone au spécialiste
: ce cas de figure est fréquent pour les urgences.
- Le médecin traitant a demandé de façon «
explicite » au patient de consulter tel spécialiste, mais
il ne fait pas de lettre car il estime que le carnet de santé régulièrement
mis à jour est suffisant.
• Que peut-il se passer en cas de litige avec le contrôle
médical de la caisse ?
- S’il y a une lettre du médecin traitant, les choses sont
claires, et il vaut mieux la conserver.
- S’il n’y a pas de lettre, le spécialiste qui aura
coté C2 ne sera pas forcément en tort, mais il aura beaucoup
de difficultés à le prouver. En cas de procès, la
charge de la preuve incomberait-elle à celui qui accuse, ce qui
paraîtrait logique, ou à celui qui se défend ? On
ne peut pas actuellement répondre à cette question, et il
faut rester prudent dans cette situation. La
formulation du compte-rendu peut avoir une importance en cas d’expertise.
Qu’en
est-il si, de façon imprévue, un malade est amené
à reconsulter moins de six mois après un C2 ?
Ce C2 ne peut pas être remis en cause de façon rétrospective.
C’est tout au moins notre interprétation.
En effet, au moment où il cote son C2, le spécialiste n’est
pas dans la situation où il « doit » revoir le patient
dans les six mois, puisque c’est à l’occasion d’un
évènement intercurrent imprévisible qu’il le
reverra.
Par contre, cette deuxième consultation ne pourra pas faire l’objet
d’un C2. Une exception est quand même prévue, mais
le médecin traitant doit en informer au préalable le contrôle
médical de la caisse.
Peut-on
coter un C2 quand le malade est adressé par le remplaçant
du médecin traitant ou son remplaçant ?
C’est possible. En effet, le texte fait référence
à la définition conventionnelle ce qui indique que le C2
est applicable quand l’adressage est fait par le remplaçant
ou l’associé du médecin traitant quand celui-ci est
absent. (cf. article 1.1.3 de la convention).
Pour
les patients de moins de 16 ans ?
Le parcours de soins ne concerne pas les patients de moins de 16 ans.
Le médecin traitant est dans cette situation celui qui a adressé
le patient.
C2
du Chirurgien
La convention indique que, « s’agissant des chirurgiens bénéficiant
de la cotation C2 définie à l'article 18 de la NGAP, les
parties conviennent que leur intervention en troisième recours
se cote dans les conditions actuelles, sous réserve d’un
retour d’information au médecin traitant. »
Ceci signifie que la cotation C2 peut aussi être utilisée
par le Chirurgien, lorsque le patient est adressé non pas directement
par le médecin traitant, mais par le spécialiste correspondant
de ce médecin traitant.
C2
des Anesthésistes
L’Avenant conventionnel N° 6 précise que « dans
le cadre du parcours de soins coordonné, la consultation pré
anesthésique peut donner lieu à une cotation C2 pour un
patient dont l’état clinique est évalué au
niveau 3 ou supérieur ASA »
Cette consultation donne lieu à un compte rendu écrit destiné
au médecin anesthésiste qui pratiquera l’anesthésie
opératoire, à l’opérateur ainsi qu’au
médecin traitant.
Le dossier d’anesthésie doit comprendre les éléments
médicaux, ayant conduit à l’évaluation du score
ASA du patient.
Dr
Vincent GUILLOT et Y DECALF
(Août 2005)
|